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Un marché qui symbolise la renaissance d’Haïti

Un marché qui symbolise la renaissance d’Haïti
Photo Le Journal de Québec, Daniel Mallard

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PORT-AU-PRINCE | Détruit lors d’un incendie provoqué par le séisme, le Marché en fer a été le premier bâtiment public à renaître de ses cendres en 2011. Pour plusieurs Haïtiens, sa reconstruction rapide a symbolisé la renaissance du pays.

Les commerçants du Marché en fer trouvent le temps long. Lors de notre visite, les acheteurs se faisaient rares à l’intérieur des deux grandes halles.
Photo Le Journal de Québec, Daniel Mallard
Les commerçants du Marché en fer trouvent le temps long. Lors de notre visite, les acheteurs se faisaient rares à l’intérieur des deux grandes halles.

On y trouve de tout: de la nourriture, de l’artisanat, des statues vaudou, des vêtements, des produits de beauté, etc. Monument emblématique construit au 19e siècle, il est la vedette des billets de banque de 1000 gourdes. Les marchands en sont tous fiers. Il est le plus connu et le plus grand marché public intérieur de Port-au-Prince.

Un marché qui symbolise la renaissance d’Haïti
Photo Le Journal de Québec, Daniel Mallard

La tour de l’horloge, une imposante structure métallique au centre, qui fait la liaison entre les deux immenses halles, a été reconstruite à l’identique.

L’Irlandais Denis O’Brien, fondateur de la compagnie Digiciel – un leader de la téléphonie mobile qui est omniprésent en Haïti et dans les Caraïbes –, a investi personnellement 12 M$ avec son épouse pour redonner vie à ce «joyau architectural».

Une attraction touristique

L’ex-président américain Bill Clinton était présent à son inauguration, le 12 janvier 2011, un an jour pour jour après le tremblement de terre. Le marché en fer, disait-il, est un «point de repère culturel, économique et social en Haïti».

Un marché qui symbolise la renaissance d’Haïti
Photo Le Journal de Québec, Daniel Mallard

Air Transat, qui offre des vols réguliers vers Haïti – le «secret bien gardé des Caraïbes», peut-on lire sur son site web –, a inscrit le Marché en fer sur la liste d’activités incontournables pour ses clients qui choisissent la perle des Antilles comme destination touristique. Les Québécois, qui ont développé un lien très fort avec Haïti, sont accueillis avec des expressions populaires et des références culturelles à la Belle Province. «Tu connais Ti-Poil?» ou encore «Ça va mal à la shop!», nous a-t-on lancé à notre arrivée.

Un marché qui symbolise la renaissance d’Haïti
Photo Le Journal de Québec, Daniel Mallard

Les affaires demeurent difficiles

Mais les touristes se font encore trop rares pour les marchands que Le Journal a rencontrés. Les affaires sont dures. La reprise est timide.

Un marché qui symbolise la renaissance d’Haïti
Photo Le Journal de Québec, Daniel Mallard

Clermond Aurélien, un vendeur de peintures, paie 150 gourdes par semaine pour louer son espace (environ 3 $ US). Souvent, il perd de l’argent.

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Photo Le Journal de Québec, Daniel Mallard

«Il n’y a pas beaucoup de touristes en Haïti. Des fois, des Canadiens viennent ici et achètent quelque chose, mais ce n’est pas facile. Il y a des semaines où je ne vends rien du tout.»

Dans un tel contexte, on comprend leur insistance digne de mention. Les vendeurs ne lâchent pas le morceau facilement. Tous, y compris la gérante des lieux, ont insisté pour que nous dressions un portrait «positif» d’Haïti, rappelant leur cruel besoin de touristes.