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Un polar qui a du mordant

INHERENT VICE
photo courtoisie

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TORONTO | Certains la trouveront amère et même répulsive, mais l’adaptation de Paul Thomas Anderson du roman Vice caché de Thomas Ruggles Pynchon Jr. est un vrai plaisir coupable.

Plusieurs trouveront savoureuse la manière dont le réalisateur aborde l’intrigue et l’époque dans laquelle elle s’inscrit. J’ai adoré ce long-métrage pour son mordant, sa profondeur et sa densité digne d’un bon whisky écossais, avec un arrière-goût de fumé. Cette distillation cache toute la splendeur de sa véritable nature, sous l’épice qui vous prend au palais, en surface. Laissez le film reposer et vous découvrirez un élixir presque parfait.

Quant au scénario, certains devront s’armer de patience pour suivre cette intrigue confuse par endroits. Parfois, on nage en plein brouillard, comme dans le film de série noire The Big Sleep (1946). Pourtant, Vice caché devient facile à analyser au fur et à mesure qu’il défile sous nos yeux, ou lorsque nous le visionnons une seconde fois.

INHERENT VICE
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Vers une nomination ?

Si ceux qui votent aux Oscars sont capables de patience, Vice caché pourrait très bien se faufiler parmi les œuvres en nomination dans les catégories suivantes: meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleur acteur (Joaquin Phoenix), meilleur acteur de soutien (Josh Brolin) et meilleure actrice de soutien (Katherine Waterston, la fille de Sam Waterston).

Personne ne s'est attaqué à un roman de Pynchon auparavant. Anderson a dû être convaincant pour que l’auteur accepte d’adapter lui-même son œuvre, bien que le réalisateur ait assurément apposé sa signature sur les dialogues et sur la structure de l’intrigue.

Bon choix: Anderson est réputé pour sortir des sentiers battus, pour aborder des thèmes différents et pour plonger dans des époques moins reluisantes. Pensons à ses films Hard Eight, Nuits endiablées, Il y aura du sang, Magnolia et Le maître. Aucune de ses œuvres n’est insignifiante ou stupide. Bien au contraire: ce grand timide est un véritable artiste.

INHERENT VICE
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Hippies des années 70’

Vice caché est un film noir avec une facture visuelle hippie. Le récit se déroule à Los Angeles dans les années 1970. Les personnages baignent dans une fumée de marijuana et dans une ambiance psychédélique. Phoenix joue un détective privé dans la lignée de Philip Marlowe (créé par Raymond Chandler) et de Sam Spade (Dashiell Hammett), tous les deux immortalisés à l’écran par l’acteur Humphrey Bogart.

Dans les années 1970, Marlowe et Spade auraient sûrement fumé de la drogue, étant donné leur penchant pour la bouteille. Larry (Doc) Sportello est sans mot quand son ex (Waterston) fait irruption dans son bureau pour faire appel à ses services. Cette dernière vient vers lui pour une affaire qui concerne son amoureux (Eric Roberts) et d’autres personnages étranges.

Au générique, on retrouve également Josh Brolin dans la peau d’un policier cherchant à se venger de Sportello, Martin Short en dentiste qui trempe dans l’univers de la drogue et qui a une dépendance au sexe, Reese Witherspoon dans la peau d’une avocate qui se divertit dans les draps de Doc et Owen Wilson en une sorte de «joker» plutôt qu’en carte maîtresse.

Vice caché nous tient en déséquilibre dans l’univers captivant de Pynchon.

  • Vice caché (4.5/5)
Film de Paul Thomas Anderson. Avec Joaquin Phoenix, Josh Brolin et Katherine Waterston.