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Une fillette haïtienne sauvée par deux policiers québécois

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PORT-AU-PRINCE - Un policier de Québec et un policier de Longueuil ont sauvé d’une mort certaine une fillette haïtienne de 8 ans qui vit dans des conditions misérables dans un des derniers camps de déplacés de la capitale. 

Comme des milliers d’enfants, Gémima Pharisien se promène nu-pieds au Camp Carradeux, sur un terrain sale et vaseux. Elle s’est infligée une blessure au talon du pied droit, qui s’est infectée il y a quelques mois. 

Alertés par un médecin jordanien, les policiers québécois - deux pères de famille - ont été touchés comme parents et ont refusé de la laisser mourir. 

«Le médecin qui l’a observée au départ m’a dit que son sang était tellement infecté que si elle n’avait pas été hospitalisée, elle serait décédée. C’est pour ça qu’on a décidé de la prendre en charge pour faire en sorte qu’elle puisse au moins avoir la chance de vivre», a témoigné Carl Viel, un policier de Longueuil déployé en Haïti. 

«Il a fallu que je négocie avec le médecin pour qu’il s’en occupe. J’ai joué sur sa corde sensible en lui disant : Toi, si c’était ta fille, qu’est-ce que tu ferais ?»

Levée de fonds 

Lors d’une première consultation, la mère avait fui l’hôpital, sachant qu’elle n’avait pas les moyens de payer pour ses soins médicaux. 

Viel et Charles-Scott Simard, un policier du SPVQ, ont alors organisé une levée de fonds et ont récolté environ 3 000 dollars haïtiens, soit 600$ US, pour payer des antibiotiques et une chirurgie afin de lui éviter l’amputation. «Elle s’est fait opérer et on fait un suivi à toutes les semaines, raconte le policier de Québec.»

Négligence parentale 

Lors du passage du Journal, fin novembre, les deux Québécois sont allés s’enquérir de son état de santé et lui ont amené une poupée et une peluche. L’enfant était toujours nu-pieds. La plaie n’était pas complètement refermée. La négligence apparente de la mère a fendu le cœur du policier Simard, une fois de plus. 

«C’est le devoir de sa mère de s’occuper de sa petite fille. On lui avait donné des pansements puis des sandales mais comme par hasard, quand on allait la visiter, elle se promenait nu-pieds dans la terre. La mère, en plus, finit par nous dire : «tu donnes tout pour ma fille mais tu donnes quoi pour moi ?» Ça vient me chercher...» 

«Au niveau de l’éducation de certains parents, il y a encore beaucoup de chemin à faire. Ici, la fessée, c’est commun.»

«Il reste à finir le traitement. Par chance, on a trouvé une infirmière colombienne qui travaille pour l’ONU et pour l’OIM (Organisation internationale pour les migrations) et elle supervise les allées et les retours de la mère à l’hôpital parce que, parfois, elle néglige ça. D’ici la fin de la mission (en février 2015), j’espère que la plaie va être refermée». 

Le combat n’est pas terminé

Aux dernières nouvelles, malheureusement, la fillette n’était pas encore tirée d’affaire. Fin décembre, elle a dû être hospitalisée à nouveau. L’infection est revenue et le spectre d’une amputation plane toujours.  

Les policiers n’ont toutefois pas l’intention de l’abandonner à son sort. Ils ont multiplié les démarches pour lui procurer de puissants antibiotiques et trouver un médecin pour qu’elle soit opérée, dans l’espoir, une fois de plus, de sauver son pied et sa vie. 

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