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Voir le sang de Charlie Hebdo, pas l’encre !

File photo of a policeman standing guard outside the French satirical weekly "Charlie Hebdo" in Paris
Photo Reuters

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Vendredi matin, les yeux rivés sur la télévision et les mains sur le clavier, je suis à distance les événements en attendant le dénouement de ce qui se déroule actuellement en France.

Depuis maintenant plus de 48 heures, depuis le carnage survenu dans les locaux de Charlie Hebdo, les médias n’ont de cesse de nous montrer en boucle à peu près tout ce qui s’est passé. Il sont à l’affut de ce qui va survenir, les caméras sont partout, c’est le spectacle du direct, on veut savoir et surtout être témoins de la moindre intervention.

Les grands réseaux d’information de ce monde ont convergé vers la France depuis deux jours. Ils veulent être aux premières loges de l’action. Les images du sang qui a coulé dans la salle de rédaction parisienne a fait le tour du monde. On a tous vu des images des tueurs abattant un policier sur un trottoir après la tuerie. On a tous vu leur photo, description et on connaît leur histoire. Il semble qu’un dénouement soit imminent et ça, on le verra possiblement en direct.

Le monde entier sait surtout pourquoi ce drame est survenu. Sauf que le monde entier n’aura pas accès aux images qui ont provoqué l’ire des terroristes pour qui l’honneur de leur prophète a été sali par les victimes dont les seules armes étaient des crayons. Le réseau CNN, certains médias du Canada anglais et autres sont prêts à nous montrer toute l’horreur du sang versé par des fous. Ils nous montrent sans interruption les policiers, militaires et forces de l’ordre armés jusqu’au dents. Ils sont plus de 80 000 à traquer les frères Kouachi.

Mais ils ne nous montreront pas quelques dessins, fort irrespectueux j’en conviens, réalisés et produits par des personnes épris d’une liberté de dire et de montrer les choses comme elles le voyaient, comme elles le pensaient.

Ces réseaux font dans la censure pudique en prétendant ne pas vouloir choquer l’opinion publique ou provoquer des réactions. D’un côté on nous montre le sang et de l’autre on refuse de nous faire voir l’encre. Ca revient à dire « Ne regardez pas ce que nous avons vu. Vous n’avez pas besoin de voir et de savoir. Dormez en paix et voici ce que vous devez penser de ces caricatures ».

Et ce, tout en nous assurant qu’ils vont nous montrer les victimes, l’important déploiement policier et militaire, les périmètres de sécurité, les groupes d’intervention lourdement armés, les hélicoptères et finalement le résultat de l’opération, le moment venu.

Mais voir l’encre et les dessins ? Que non ! C’est beaucoup trop dangereux après tout.