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Haïti-Evans Paul, le Premier ministre haïtien, est à la recherche d'un compromis

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Photo Archives / Reuters

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PORT-AU-PRINCE - Evans Paul, choisi comme Premier ministre par le président haïtien Michel Martelly, veut rétablir la confiance entre le gouvernement et l'opposition afin de résoudre la crise politique sur la tenue des élections attendues depuis trois ans.

Le précédent chef du gouvernement, Laurent Lamothe, a démissionné le mois dernier après plusieurs semaines de manifestations.

"Nous devons rétablir la confiance entre les différents secteurs de la société (...) Je suis ici pour servir de pont", a dit Evans Paul dans une interview accordée samedi soir à la Thomson Reuters Foundation dans sa résidence officielle de Port-au-Prince, alors que les manifestations de rue se poursuivaient.

"Je dois établir et développer la confiance au nom de Martelly, tout en cherchant à gagner celle des 'durs' de l'opposition", a-t-il expliqué.

Sa nomination au poste de Premier ministre doit encore être approuvée par le Parlement.

Il faudra du temps pour sortir de l'impasse et réconcilier le gouvernement avec les sénateurs opposés à la loi électorale, a-t-il reconnu, les divisions ayant créé une "atmosphère chaotique".

"On ne peut pas régler cela avec un discours, une loi ou un décret. Cela prendra du temps (...) et il faut commencer dès maintenant", a-t-il dit.

L'actuelle législature se termine le 12 janvier, jour du cinquième anniversaire du séisme qui a fait plus de 220.000 morts dans le pays.

Un accord de dernière minute pour étendre exceptionnellement cette législature semble peu probable et le pays se retrouvera probablement sans Parlement et sans gouvernement capable d'agir. Le président Martelly devra alors diriger le pays par décret.

ORGANISER LES ÉLECTIONS

Evans Paul, qui appartient à un parti d'opposition, a précisé qu'il avait commencé à discuter de la composition d'un futur gouvernement de coalition avec le chef de l'Etat et des parlementaires de l'opposition.

"J'espère que nous y arriverons le plus rapidement possible. Mais je suis bien conscient de la situation. Nous n'avons pas tous le même programme. Certains veulent un accord, d'autres recherchent la discorde."

Il a dit espérer que la commission électorale fixe une date pour les élections législatives et municipales, repoussées depuis 2012, afin que ces scrutins puissent se tenir "aussi rapidement que possible".

Les manifestants qui accusent le président Martelly de corruption et d'autoritarisme ont de nouveau affronté la police samedi soir près du palais présidentiel, détruit par le tremblement de terre de 2010.

A propos des centaines de millions de dollars d'aide qu'a reçus son pays, Evans Paul a regretté que les Haïtiens n'aient guère leur mot à dire sur leur utilisation.

"On veut bien nous donner de la nourriture mais nous n'avons pas le droit de décider ce que nous voulons manger", a-t-il dit.

Les efforts de reconstruction après le séisme ont été inefficaces, a-t-il poursuivi, en raison surtout des lourdeurs bureaucratiques et des carences du gouvernement.

"Je pense que ces efforts de reconstruction auraient dû être lancés bien plus tôt. Cela a pris trop de temps alors que l'argent était disponible."