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Toujours en guerre contre la corruption

Il y a maintenant cinq ans aujourd’hui qu’un tremblement de terre a complètement ravagé Haïti

Toujours en guerre contre la corruption
Photo AFP

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Haïti est marqué au fer rouge par son histoire de corruption. Mais les temps ont changé, assure René Hubert, qui travaille en étroite collaboration avec le gouvernement haïtien.

«Nous, on travaille depuis 15 ans ici sans problème, alors j’ai beaucoup de misère avec ce discours-là. De la corruption, il y en a partout. On en a aussi chez nous (au Québec).»

Dans un document de propagande produit par le gouvernement haïtien, qui vante le bilan de l’administration Martelly-Lamothe, on insiste sur le fait que «le pays a progressé de 10 pla­ces depuis 2011 dans l’indice de corruption au niveau international».

Dans les faits, Haïti est toujours en fond de grille, au 161e rang sur 175 pays dans le palmarès 2014 établi par l’organisme Transparency International.

Michel Martelly, Président d’Haïti
Photo d'archives
Michel Martelly, Président d’Haïti

Enfin une loi

En entrevue avec Le Journal, en sol haïtien, trois semaines avant sa démission, l’ex-premier ministre Laurent Lamothe avait insisté sur ses efforts pour enrayer ce fléau.

«Il y a, pour la première fois de l’histoire de ce pays, une loi anticorruption. Nous avons aussi augmenté la capacité de l’unité de lutte contre la corruption. Ils ont plus de budget, sont mieux équipés et mieux formés.

«Donc la réforme dans ce secteur avance à grands pas», a-t-il plaidé, soucieux de l’image d’Haïti à l’étranger.

Rappelons que le cousin du président Martelly, un allié de la première heure, a démissionné avec fracas en 2012.

Il avait déclaré au journal torontois The Star qu’il est parti «à cause de la corruption au Palais». Au lieu de lutter contre elle, «je sens qu’ils l’ont adoptée», avait-il ajouté.

Des ripoux dans la PNH

Quant à la police nationale haïtienne (PNH), elle est «inefficace, politisée et gangrenée», martèle Mirlande Manigat, candidate défaite à la présidentielle de 2011, qui s’oppose toujours au pouvoir en place.

Le conducteur embauché par Le Journal y a d’ailleurs goûté. Arrêté sans raison à quelques reprises, les policiers lui ont deman­dé de l’argent.

Un phénomène encore répandu en Haïti.