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«Des vaches à lait pour faire de l’argent» – Kobe Bryant

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Photo d'archives Kobe Bryant

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Kobe Bryant a récemment accusé le système AAU d’utiliser les jeunes joueurs de basket américains pour faire de l’argent plutôt que de développer leur talent.

Depuis près de 20 ans, l’AAU (Amateur Athletic Union) a développé le circuit de basketball le plus compétitif aux États-Unis. Tous les meilleurs joueurs d’âge primaire et secondaire s’y retrouvent.

La semaine dernière, Kobe Bryant a affirmé que l’AAU ne jouait pas son rôle de la bonne façon.

«L’AAU n’enseigne pas les habiletés de base aux jeunes joueurs de basket. On les utilise plutôt comme des vaches à lait pour faire de l’argent», a accusé la vedette des Lakers de Los Angeles.

Relation malsaine

Entraîneur-chef de l’équipe masculine du Collège Champlain de Saint-Lambert de 1995 à 2003, Peter Yannopoulos a également évolué comme assistant avec les Minutemen de l’Université du Massachusetts, dans la division 1 de la NCAA.

Au cours de sa carrière d’entraîneur, il a été à même de constater la relation malsaine qui existe entre les grandes entreprises sportives et l’AAU.

«Ce sont les grosses compagnies de souliers comme Nike, Adidas, Reebok et Under Armour qui financent les programmes de basket de l’AAU. Il y a énormément d’argent impliqué. Tous les joueurs qui font partie des équipes AAU sont vêtus de la tête aux pieds aux couleurs de ces commanditaires. Les frais de voyage des équipes pour participer aux nombreux tournois AAU, que ce soit l’avion, l’autobus ou l’hébergement, sont complètement couverts par ces grosses compagnies. C’est fou, mais ces joueurs d’âge secondaire sont traités comme de vrais pros!» d’expliquer Yannopoulos, maintenant analyste basket à RDS.

Évidemment, ces équipementiers n’investissent pas autant d’argent uniquement pour développer le basket aux États-Unis. Selon Yannopoulos, ils veulent être en mesure d’identifier les prochaines grandes vedettes de la NBA afin d’établir avec elles une relation privilégiée.

Ces entreprises espèrent qu’une fois devenus des joueurs professionnels, ces jeunes athlètes continueront d’endosser leurs produits, notamment leurs souliers de basket.

La victoire, rien que la victoire

Il n’y a pas que les joueurs de talent qui sont ciblés dans les programmes AAU. Les entraîneurs aussi.

Plusieurs d’entre eux sont grassement payés par des équipementiers sportifs, et même par des agences qui gèrent les carrières d’athlètes professionnels, pour influencer leurs jeunes joueurs d’une façon ou d’une autre.

Sans compter que ces mêmes entraîneurs ont également des objectifs professionnels. S’ils ­veulent obtenir un poste dans la NCAA, et éventuellement dans la NBA, ils doivent gagner à tout prix.

Trop de matchs

Pour obtenir une meilleure visibilité auprès des équipes de la NCAA et compiler la meilleure fiche possible, les équipes AAU participent à un nombre incroyable de tournois, ce qui leur laisse peu de temps pour s’entraîner et développer les habiletés individuelles de leurs joueurs.

«Ils gagnent en comptant uniquement sur le talent athlétique de leurs joueurs, pas nécessairement en développant leurs habiletés de base, de souligner Yannopoulos. Avant, les programmes AAU avaient lieu durant les deux mois d’été, après que les jeunes athlètes avaient terminé leur saison scolaire. Maintenant, c’est presque six mois par année. C’est trop. Il y a un danger de blessures et de surentraînement. Et ces athlètes vont à l’école secondaire, ils ont besoin de temps pour étudier», ­d’ajouter l’analyste.