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Des vins pas chers SVP

Des vins pas chers SVP
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La SAQ semble enfin avoir compris le message et revient sur terre. Alors que les consommateurs se serrent la ceinture pour payer les factures des achats de Noël, la société d’État vient de lancer sa promotion La Grande Cuvée de petits prix. Et d’ici l’automne, elle souhaiterait ajouter une centaine de vins à moins de 12 dollars sur les tablettes. Si elle tient parole, ça démontrera une chose, les plaintes des consommateurs ont porté leurs fruits.

La SAQ semble enfin avoir compris le message et revient sur terre. Alors que les consommateurs se serrent la ceinture pour payer les factures des achats de Noël, la société d’État vient de lancer sa promotion La Grande Cuvée de petits prix. Et d’ici l’automne, elle souhaiterait ajouter une centaine de vins à moins de 12 dollars sur les tablettes. Si elle tient parole, ça démontrera une chose, les plaintes des consommateurs ont porté leurs fruits.

La SAQ nous a longtemps sous-estimés. Elle croyait probablement qu’en montant régulièrement les prix sans tambour ni trompette, on ne s’en rendrait pas compte et qu’on accepterait de payer sans broncher comme des idiots.Elle semblait oublier que notre portefeuille n’est pas sans fond.

Du respect svp

La SAQ a beau être une société d’État, elle ne peut pas tout se permettre. Retirer la majorité des bouteilles de moins de 12 dollars n’était pas l’idée du siècle. C’était surtout irrespectueux pour la majorité des consommateurs qui n’ont pas les moyens de se payer des bouteilles à plus de 20 $.

Le manque de respect est tel que sur les bouteilles de moins de 20 $, qui représentent l’essentiel de son chiffre d’affaires, les taux de majoration peuvent parfois atteindre 400 %.

Bien sûr, toutes les excuses sont bonnes pour expliquer les augmentations. Hausse du coût de la vie, hausses des taxes, taux de change désavantageux, mais il y a bien plus. N’oublions pas que la SAQ est une des vaches à lait du gouvernement. Avec une dette de 273 milliards de dollars, on a cruellement besoin des profits sur la vente d’alcool pour continuer à payer entre autres les frais de santé et d’éducation. Mais il y a quand même des limites à abuser des consommateurs au budget plus restreint. La SAQ est le plus important acheteur de vin au monde. Elle a donc un pouvoir d’achat énorme. Les clients aimeraient en profiter ne serait-ce qu’un peu.

Un autre recours ?

Un juge de la Cour d’appel a rappelé cette semaine que la SAQ, comme tout autre commerçant,ne peut pas se soustraire de l’article 8 de la Loi sur la protection du consommateur qui stipule en gros qu’une marge bénéficiaire disproportionnée équivaut à de l’exploitation.

D’ailleurs, comme nous l’apprenait hier Le Journal de Québec, un nouveau recours collectif est en préparation contre la SAQ pour certains produits vendus avec des marges excessives.

J’ignore si le nouveau recours portera ses fruits, mais la simple menace du premier recours jugé irrecevable aura au moins permis d’éclairer les consommateurs sur les hausses du prix du vin et de sonner une cloche à la SAQ qui a encore fait disparaître cette année plus de 100 bouteilles à moins de 15 $ et presque autant à un prix variant entre 15 et 20 $.

Les dirigeants de la SAQ ont intérêt à dégriser rapidement. Nous aimons le bon vin, mais pas au point de se faire escroquer, ça laisse un goût amer.