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Un pont neuf inutilisable

Québec ne sait pas s’il pourra le réparer ou s’il devra être démoli

pont fermé
Photo Le Journal de Montréal, Josée Hamelin Un nouveau pont, construit au coût de 1,2 million $ cet automne, demeure fermé en raison de problèmes de structure.

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LA PRÉSENTATION | Un pont d’une valeur de 1,2 million $ qui a été construit cet automne est inutilisable en raison d’un important problème de structure. Le ministère des Transports ignore toujours s’il pourra être réparé ou s’il faudra le démolir.

LA PRÉSENTATION | Un pont d’une valeur de 1,2 million $ qui a été construit cet automne est inutilisable en raison d’un important problème de structure. Le ministère des Transports ignore toujours s’il pourra être réparé ou s’il faudra le démolir.

Situé dans le rang Salvail-Sud, à La Présentation, en Montérégie, le pont Ménard devait être livré au plus tard le 2 novembre, mais il est toujours fermé en raison de problèmes importants concernant sa base. Une cinquantaine d’agriculteurs doivent faire un détour d’une demi-heure pour avoir accès à leurs terres.

«Lors du décoffrage du béton, nous avons constaté qu’il y avait des “nids d’abeilles” (imperfections) et des problèmes au niveau des joints de coulée», explique Vénonique Lamarre, porte-parole au MTQ. Liées à la construction de l’ouvrage, ces déficiences peuvent affecter la structure et avoir une incidence sur la durée de vie du pont.»

Selon le MTQ, la durée de vie de ce type de pont est d’environ 75 ans. Avant de pouvoir ouvrir le pont à la circulation, Québec doit analyser sa structure pour déterminer s’il est sécuritaire et si le travail de l’entrepreneur a été fait selon ses normes.

«Il est encore trop tôt pour déterminer si le pont devra être démoli et reconstruit ou si des correctifs suffiront, affirme Mme Lamarre. Au début février, on devrait en savoir un peu plus.

Les irrégularités observées dans le béton rappellent les alvéoles qui se retrouvent dans les nids d’abeilles.
courtoisie
Les irrégularités observées dans le béton rappellent les alvéoles qui se retrouvent dans les nids d’abeilles.

 

pont fermé
Photos courtoisie

Deux mois de retard

Dominique Laliberté, le directeur de la construction chez Bricon, l’entrepreneur qui a construit le pont, dit avoir son idée sur les problèmes observés, mais il prétend ne pas pouvoir en parler en raison du contrat qui le lie avec le MTQ. «Quand on obtient un contrat avec le Ministère, toutes les communications doivent passer par eux.»

Il signale toutefois que sa compagnie a plusieurs ponts à son actif. Le pont de La Présentation était le troisième ou le quatrième pont de ce type qu’il devait construire.

Selon lui, le pont pourrait être ouvert à la circulation puisqu’une voie a été asphaltée avant Noël et que de la machinerie lourde y a circulé.

Au ministère, on attribue les retards aux pieux qui ont dû être modifiés pour être conforme aux exigences du devis.

Depuis le 3 novembre, le MTQ impose une pénalité quotidienne à l’entrepreneur en raison du retard. Selon nos sources, l’amende était de 2500 $ par jour, mais cette information n’a pas pu être confirmée.

Glissement de terrain

À la fin décembre, une partie du remblai du pont s’est affaissée en raison du redoux et de la pluie. «Si la construction avait été achevée, ce ne serait sans doute pas arrivé, observe la porte-parole du ministère, Véronique Lamarre. L’enrochement n’avait pas été fait et c’est ce qui a entraîné l’érosion.»

Une fois l’ensemble des analyses terminé, le MTQ va s’assurer que l’entrepreneur prendra ses responsabilités.


Si le pont n’est pas prêt pour les semences

« Ça va brasser »

Une cinquantaine d’agriculteurs de La Présentation doivent faire un détour d’une demi-heure pour avoir accès à leurs terres depuis le début de la construction du pont, en septembre.

«Nous ne som­mes pas les maî­tres d’œuvre de ce projet, donc nous n’avons pas eu grand-chose à dire, explique le maire de La Présentation, Claude Roger. Nous aurions aimé que les travaux débutent à la fin juin, pour ne pas nuire au transport scolaire et aux agriculteurs. Certains ont dû faire un détour d’une demi-heure pour accéder à leurs terres.»

Il mentionne que l’ouverture du pont a été reportée du 2 novembre au 22 décembre, mais que le 22, la municipalité n’a même pas été avisée qu’il demeurerait fermé. «S’il faut que la fermeture se poursuive pendant les semences au printemps, là, ça va brasser», prévient-il.

Depuis plusieurs mois, les résidents du secteur vivent avec le bruit, les vibrations et la poussière causés par les travaux. Simon Courteman­che, qui vit à deux pas du pont, s’explique mal qu’un petit pont situé sur une route de campagne ait pris autant de temps à construire. «Si jamais ils doivent le démolir et le reconstruire, ça va être l’enfer.»

Simon Courtemarche, résident.
Photo Le Journal de Montréal, Josée Hamelin
Simon Courtemarche, résident.