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Le vrai "deux par char" à la GRC pour bientôt ?

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Photo Archive / Agence QMI

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Le « deux par char » à la GRC

Samedi dernier à St Albert en Alberta, un peu au nord d’Edmonton, 2 policiers de la GRC ont été atteints par balles lors d’une intervention au sujet d’un véhicule volé. L’un deux est dans un état très sérieux et l’autre a reçu son congé de l’hôpital. Une nouvelle banale et passée presqu’inaperçue. Ça fait partie des risques du métier diront certains. C’est un travail qui comporte son lot de danger et le risque zéro n’existe pas, c’est sûr.

Sauf que lorsque l’on constate que des deux policiers, un seul était armé. C’est normal, ça fait partie de l’équipement de base à ce qu’il paraît. Mais pas pour le second puisqu’il s’agit d’un policier  auxiliaire et bénévole de surcroit. Il porte l’uniforme mais n’est pas armé. Quoi ? Un policier, portant l’uniforme et agissant comme tel mais pas armé ? C’est quoi ça ? Le site de la GRC nous en apprend plus à ce sujet.

Le gendarme auxiliaire fait la promotion de la police communautaire en participant à des activités organisées dans la collectivité et en aidant les membres réguliers de la GRC à remplir certaines de leurs fonctions générales.

Les gendarmes auxiliaires ne sont pas à l’emploi de la GRC et ne possèdent donc pas le statut d’employé.

En soi le programme est louable et présente de nombreux avantages pour la gendarmerie Royale du Canada. Mais il y a un problème quand on demande à ces bénévoles d’agir comme policiers dans des situations présentant des risques. Les policiers de la GRC ne se retrouvent pas par dizaines au pouce carré dans toutes les régions du Canada, je veux bien. Mais de là à habiller un bénévole sans une formation complète et à le jumeler à un constable qui a fait « Dépôt » pour avoir le fameux « 2 par char » il y a des limites !

Et ce, au lendemain même où la Cour suprême du Canada donne le droit aux membres de la GRC le droit de former une association syndicale. Ça me rappelle quelques batailles passées au Québec où les policiers avaient été jusqu’à la grève pour avoir le droit de patrouiller à deux par voiture.

En 1976 et 1977, les meurtres de quatre policiers tués dans l’exercice de leurs fonctions provoquent la grève du « deux par char ». La patrouille sera dorénavant jumelée le soir et la nuit à l’issue d’une commission parlementaire.

Il existe au Québec des programmes de cadets policiers. Le SPVM et la Sûreté du Québec ont chacun le leur. On les voit à Montréal durant l’été lors des nombreux festivals. La SQ déploie aussi ses cadets dans de nombreuses municipalités. Mais ils ne sont pas appelés à intervenir dans des interventions à risque. Ils sont identifiés comme cadets mais au contraire de la GRC, ils ne portent pas l’uniforme du policier. Aucune confusion n’est possible.

Et pendant ce temps, question de budget peut être, la GRC envoie des bénévoles auxiliaires faire du travail de police. Ils espèrent sans doute qu’une situation comme celle survenu en fin de semaine en Alberta n’arrive jamais, mais voilà, ça c’est passé. Est-ce que le vrai « deux par char » fera partie des prochaines négociations syndicales patronales au prochain renouvellement de contrat des membres de la GRC ? Peut être, on verra bien la suite.

L’honorable Jean-Guy Dagenais, sénateur conservateur, devrait comprendre une telle démarche. Il a été policier et mon président de syndicat à l’APPQ assez longtemps pour savoir de quoi il en retourne. Il va appuyer une telle demande si elle était formulée par les membres de la GRC ? Le syndicaliste en lui aura probablement un débat avec le politicien qu’il est devenu.