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Feu TQS : que de souvenirs !

Feu TQS : que de souvenirs !
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«Bonjour, bienvenue au Grand Journal!» Cette phrase, je l’ai répétée des centaines de fois entre 1995 et 2003, lorsque j’étais chef d’antenne de TQS-Québec. Oui, je sais, la station est fermée depuis six ans.

«Bonjour, bienvenue au Grand Journal!» Cette phrase, je l’ai répétée des centaines de fois entre 1995 et 2003, lorsque j’étais chef d’antenne de TQS-Québec. Oui, je sais, la station est fermée depuis six ans.

Mais le syndicat vient de fermer les livres après une longue bataille juridique sur les indemnités de départ, et les anciens étaient invités à une soirée retrouvailles la semaine dernière, qui m’a permis de revoir plusieurs de mes anciens collègues. J’ai donc ressassé des souvenirs toute la semaine.

Vous avez été nombreux à suivre TQS-Québec à l’époque, nombreux aussi cette semaine à visiter le site internet du Journal de Québec, qui a présenté une rétrospective photo des anciens de cette glorieuse époque qui a marqué mes débuts dans le monde des médias. Après un court passage à TVA-Chicoutimi et Radio-Nord en Abitibi, c’est à TQS-Québec que j’ai véritablement pris mon envol. Un emploi qui m’a marqué non seulement sur le plan professionnel, mais également sur le plan humain.

UN ESPRIT D’ÉQUIPE INÉGALÉ

Jamais je n’ai revu l’esprit d’équipe qui animait cette station de télé. Dans plusieurs salles de nouvelles, les reporters sont en compétition entre eux; ce n’était pas le cas à TQS-Québec. Nous pouvions toujours compter sur Gérard Deltell, François Thiboutot, Mario Vaillancourt, Nathalie Pitre et les autres pour donner un coup de main. Nombreux sont les jeunes journalistes et caméramans qui rêvaient de faire partie de cette belle équipe dynamique, innovatrice, où tout le monde s’entraidait. C’était une ambiance exceptionnelle.

UNE PROXIMITÉ AVEC LE PUBLIC

TQS-Québec était la station des gens de Québec. Ce n’était pas un slogan, c’était une vérité. Je me souviens entre autres d’une journée portes ouvertes où des milliers de téléspectateurs avaient fait la file pour visiter nos studios, nous donner la main et jaser avec nous. Ils aimaient Le Grand Journal, son style décontracté et ses nouvelles axées sur la région de Québec. Cette station n’avait pas les moyens des gros réseaux, mais sur la couverture locale, l’équipe était dure à battre.

JAMAIS JE N’OUBLIERAI...

Après mon passage à TQS, j’ai été chef d’antenne à LCN et TVA pendant huit ans au réseau, un travail grisant, mais mes souvenirs de TQS-Québec sont inégalables. Nous avons tellement eu de plaisir à travailler ensemble. Mon ancien collègue Stéphane Turcot le disait encore récemment, TQS faisait rire la compétition avec ses journalistes qui marchaient dans les reportages, qui montraient des choses à l’écran, mais, aujourd’hui, tout le monde copie ce style. Nous avions une liberté énorme.

Ç’a été un privilège de vivre cette grande aventure de l’intérieur. Lorsque j’ai revu mes anciens collègues, c’était comme si c’était hier, même si chacun a fait son deuil de cette station de télévision et a refait sa vie. Aujourd’hui, je travaille au FM93, j’ai la chance de côtoyer quelques anciens collègues de TQS, dont mes patrons, et j’ai une gang qui me fait rire et me taquine comme à la belle époque. Quand on aime d’où on vient, on cherche à le retrouver.