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Le miraculé de Jacques-Cartier

Il retourne sur les lieux de son accident 30 ans après avoir fait la une du Journal

Normand Gauvin
Photo Le Journal de Montréal, Claude André Mayrand Normand Gauvin retourne pour la première fois sur le lieu de l’accident.

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Normand Gauvin regarde toujours en direction du lieu précis où il a failli mourir il y a 30 ans à chaque fois qu’il traverse le pont Jacques-Cartier.

N'eut été d’un coup de main du destin, M. Gauvin aurait été projeté dans le fleuve lorsqu’une voiture a happé la mobylette qu’il conduisait le soir du 11 mai 1984. Catapulté dans les airs, M. Gauvin, 18 ans à l’époque, plongea vers le vide par dessus le garde-fou du pont avant de voir son pied droit se coincer entre un tuyau et la structure métallique.

Sa course s’arrêta sur une poutrelle d’acier large d’environ un mètre, huit pieds sous le pont.

«Quelques pouces à côté et je me retrouvais dans l'eau», analyse-t-il.

Cet automne, Normand Gauvin, 48 ans, est retourné voir la poutrelle pour la première fois depuis son accident. Il avait mis 10 ans avant de rouler en voiture sur Jacques-Cartier après les événements.

Il a ressenti une boule dans le ventre en regardant l’eau 50 mètres plus bas.

«J’ai le cœur gros et je suis mal à l’aise d’être ici, avoue-t-il, en parlant du pont qui vibre à chaque passage d’un gros camion.

Je n’ai jamais été curieux de voir ça. C’est peut-être à cause de la peur, mais juste rouler sur le pont, c’était correct pour moi», confie celui qui opère maintenant sa compagnie de déménagement.

 

M. Gauvin est sur une civière alors que les ambulanciers s’apprêtent à le remonter. L’espace entre le tuyau et la poutrelle est visible près de ses pieds.
M. Gauvin est sur une civière alors que les ambulanciers s’apprêtent à le remonter. L’espace entre le tuyau et la poutrelle est visible près de ses pieds.

La chance avec lui

Surnommé «le miraculé du pont» à l’époque de l’accident qui a fait la une du Journal, Normand Gauvin est conscient de la chance qu’il a d’être encore en vie.

Bien qu’il ait subi une fracture du crâne qui a nécessité 60 points de suture lors de l’impact avec la voiture, l’homme de Saint-Hubert n’a conservé aucune séquelle physique sérieuse suite à son accident. Il a fait de la rééducation pendant deux ans avant de pouvoir reprendre sa vie normale.

M. Gauvin est sorti indemne d’un autre accident qui aurait pu être grave il y a quatre ans. Alors qu’il travaillait sur la toiture d’une maison de deux étages, il a chuté au sol lorsqu’il a été attaqué par une colonie de guêpes.

«J’ai surement une bonne étoile quelque part», reconnait-il.

 

Normand Gauvin est à l’hôpital, réconforté par une amie.
Photo d'archives
Normand Gauvin est à l’hôpital, réconforté par une amie.

Retour sur deux roues

Normand Gauvin est le père d’un garçon de 22 ans, né huit ans après son accident.

«C’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver», estime-t-il en parlant de son fils.

M. Gauvin n’avait jamais refait de moto ou de mobylette après l’accident.

Ce n’est qu’après sa participation au Banquier, spécial 50e anniversaire du Journal, l’été dernier, qu’il a décidé de s'inscrire à des cours de moto. Il a commencé à rouler trois semaines plus tard.

Il est toutefois incapable de repasser sur le pont en moto pour le moment.

«En revenant sur les lieux à pied, je tourne une page mais ce n’est pas encore fini», conclut-il.​

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