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Pas d’indemnité parce que l’exhibitionniste ne l’a pas touché

masturbateur st-hyacinthe
Photo Le Journal de Montréal, Josée Hamelin La mère de la victime pose à l'endroit où Marc Guénard a stationné sa voiture avant de commencer à se masturber devant son fils et un ami.

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SAINT-HYACINTHE | Une mère de famille devra payer de sa poche les coûts de la psychothérapie de son fils de 11 ans parce que celui-ci a réussi à fuir un homme qui se masturbait dans un parc.

SAINT-HYACINTHE | Une mère de famille devra payer de sa poche les coûts de la psychothérapie de son fils de 11 ans parce que celui-ci a réussi à fuir un homme qui se masturbait dans un parc.

L’exhibitionnisme n’est en effet pas couvert par la Direction de l’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC).

Au début septembre le fils de Valérie, nom fictif, et son ami se promenaient à vélo après l’école quand une voiture les a dépassés. Arrivée près du parc Paul-Morissette à St-Hyacinthe, l’auto s’est immobilisée et quand les enfants sont passés à sa hauteur, un homme vêtu d’un t-shirt en est sorti et a commencé à se masturber devant eux.

«Sauve-toi-vite, c’est un pédophile», a dit le fils de Valérie à son ami. Les deux garçons ont détalé à toute vitesse. Une fois en sécurité, ils ont alerté les policiers.

Marc Guénard, un homme de 49 ans de Drummondville, a été arrêté en octobre et a été reconnu coupable au début de janvier à cinq chefs d’accusation d’exhibitionnisme devant des mineurs. En 1989, il avait été reconnu coupable de gestes similaires.

Peu de marge de manoeuvre

«Trois critères doivent être rencontrés pour qu’une personne soit indemnisée par l’IVAC, explique sa porte-parole, Julie Ouellet. Le crime doit avoir été commis au Québec après 1972, il doit y avoir preuve de blessures ou de séquelles psychologiques et le crime doit être prévu à l’annexe de la Loi sur l’IVAC.»

Elle mentionne que l’exhibitionnisme n’est pas couvert. «Pour que ce soit considéré comme une agression sexuelle, il faut qu’il y ait contact.»

Mme Ouellet dit avoir peu de marge de manœuvre : «Notre rôle est d’administrer la Loi et il faut s’en tenir à ce qui est écrit.»

Des séquelles psychologiques

Depuis les événements, le fils de Valérie vit des épisodes d’agressivité. Il est anxieux et n’aime pas demeurer seul. À la maison, il vérifie constamment si les portes sont bien barrées.

«Est-ce qu’il faut être à moitié mort pour obtenir de l’aide», s’indigne sa mère. «C’est comme si on envoyait le message que les séquelles psychologiques, ce n’est pas grave.»

Valérie va payer 90 $ pour chacune des séances de thérapie de son fils, mais elle se demande ce que font les familles qui n’ont pas les moyens.

Au Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) de Saint-Hyacinthe, Isabelle Caron admet qu’il y a certaines aberrations dans la loi.

«Des menaces de mort verbales ne sont pas indemnisées, mais si la personne qui les fait se tient près de la victime avec un bâton de baseball, là, il y aura compensation», illustre-t-elle.

Elle mentionne que la Loi sur l’IVAC devrait être révisée prochainement. Certains crimes, comme la cyberintimidation, qui sont de plus en plus fréquents et qui peuvent avoir un impact sur les victimes, n’y sont pas inclus.

 

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