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JF Lisée et la "non-course" au PQ

JF Lisée et la "non-course" au PQ
SIMON CLARK / JOURNAL DE QUEBEC

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Jean-François Lisée se retire donc de la course au leadership du PQ. Avant même que l’exercice ne soit officiellement lancé, il concède la victoire à Pierre Karl Péladeau. « Ça aurait servi à quoi ?», a-t-il demandé, en conférence de presse, vendredi.


Difficile de reprocher au talentueux député de Rosemont son manque de lucidité... On peut cependant se demander si Jean-François Lisée, une des personnalités les plus connues au PQ et dans le monde de la politique québécoise, a mesuré l’impact d’une telle « sortie de secours » sur sa formation politique.
L’investiture du Parti québécois se mettra officiellement en branle le 4 février. Comme le vainqueur ne sera couronné qu’en mai, elle s’échelonnera sur plus de trois longs mois.
En tant que reporter, chef d’antenne et observatrice, j’ai eu l’occasion de suivre de près plusieurs  courses à la chefferie d’un parti au cours des 20 dernières années. PQ et PLQ à Québec. PC, BQ,PLC, NPD à Ottawa. Partis démocrate et  républicain aux États-Unis...
Tous ceux qui s’intéressent à la chose vous le diront : il s’agit là d’un exercice unique de démocratie. Une opération très valorisante pour une formation politique.
D’abord l’occasion privilégiée pour les candidats de se présenter à la population et de mousser leurs idées et leur programme, une course à direction est souvent remplie de rebondissements et de suspenses. Les débats entre candidats créent des moments forts.
Tout ça, évidemment, est suivi en temps réel par les médias et les réseaux sociaux, est scruté à la loupe par les analystes, repris dans les bulletins de nouvelles.... Bref, c’est une formidable vitrine promotionnelle qui contribue à attirer de nouveaux militants, gagner le cœur des électeurs indécis.
Or, que vient nous dire Jean-François Lisée 10 jours  avant le coup d’envoi de l’opération? . « Je constate que cette course est politiquement terminée et que Pierre Karl l’a gagné ».
Outre que ce n’est pas très encourageant pour les autres candidats, le député de Rosemont nous dit qu’il n’y a pas de course. Qu’il n’y a pas de suspense. Qu’il n’y aura pas de momentum...
Ce qui revient à dire : fermez la radio et la télé, ne lisez pas les journaux, n’écoutent les candidats et les analystes... Ne perdez pas votre temps, il n’y a pas d’intérêt,  les jeux sont faits.
Toute une douche froide sur la course à la direction du PQ. Pas certaine que cette sortie fracassante constitue une bonne nouvelle pour cette formation politique.