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Elle plaide pour que les musulmans acceptent l'humour, le blasphème et la laïcité

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Photo d'archives, AFP Zineb El Rhazoui a lancé un plaidoyer pour la laïcité.

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Près de trois semaines après l'attaque de Charlie Hebdo, une journaliste qui a échappé au massacre était de passage à Montréal lundi pour une soirée-bénéfice. Zineb El Rhazoui a lancé un plaidoyer pour la laïcité.

Près de trois semaines après l'attaque de Charlie Hebdo, une journaliste qui a échappé au massacre était de passage à Montréal lundi pour une soirée-bénéfice. Zineb El Rhazoui a lancé un plaidoyer pour la laïcité.

Le 7 janvier, la journaliste était au Maroc, son pays d'origine, quand douze personnes, dont de nombreux collègues, ont été froidement abattues.

Son équipe et elle avaient déjà eu des ennuis avec des islamistes radicaux et leurs alliés par le passé, «ceux que j'appelle les idiots utiles de l'intégrisme religieux. Ceux qui disent “Oui, ils l'ont bien cherché”», a-t-elle lancé.

Charlie Hebdo croit que l'islam doit être traité exactement comme les autres religions, «que l'islam accepte aussi le sens de l'humour et que l'islam cohabite en fait, qu'il se plie à la laïcité parce que la laïcité c'est l'unique modus vivendi qui permet à une société où il y a des gens d'horizons différents de cohabiter ensemble dans la paix», a-t-elle poursuivi.

En hommage à ses camarades décimés à la kalachnikov, comme elle le dit, Zineb El Rhazoui revendique le droit au blasphème.

«On est civilisés quand on a le droit à la liberté d'expression qui inclue aussi le droit de blasphémer et de ne pas se soumettre aux limites du sacré que nous imposent les religions», a insisté la journaliste.

À son avis, tous les pays démocratiques sont concernés. Pourtant, des médias canadiens et américains ont refusé de publier les dessins de Charlie Hebdo.

«Ce sont des médias qui admettent qu'ils acceptent la censure, mais une censure qui est imposée par qui? Qui est imposée par des fondamentalistes terroristes qui s'expriment eux par les armes, non par voix de presse ou par la plume ni par le dessin. C'est de la lâcheté», a-t-elle conclu.

Zineb El Rhazoui entend bien continuer à travailler à Charlie Hebdo pour ses collègues disparus.