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Kayak: le succès passe par la piscine

Les kayakistes de l’équipe nationale de 200 m s’entraînent avec les nageurs du Rouge et Or

Étienne Morneau
Photo Didier Debusschère «C’est difficile de faire 50 longueurs de 25 mètres à plein régime, mais on s’amuse beaucoup», assure Étienne Morneau, qui se plaît dans la piscine du PEPS.

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Ce ne sont pas des séances de bain libre auxquelles sont conviés les kayakistes de l’équipe nationale de 200 m, qui s’entraînent au PEPS avec les nageurs du Rouge et Or de l’Université Laval à raison de deux fois par semaine depuis le mois de novembre.

Afin de meubler la saison morte, les kayakistes pratiquent la natation pour maintenir la forme. «C’est correct quand Fred (Jobin) crie après nous dans la piscine, mais on écoute plus quand ça vient d’un coach qui possède une bonne notoriété en natation», a raconté Hugues Fournel qui peinait à retrouver son souffle après une séance exigeante.

«C’est motivant d’affronter des nageurs qui n’ont pas une once de gras. En natation, on obtient une vitesse constante qui est difficile à reproduire à l’entraînement dans un kayak.»

«On s’amuse beaucoup»

Étienne Morneau se plaît comme un poisson dans l’eau. «C’est difficile de faire 50 longueurs de 25 mètres à plein régime, mais on s’amuse beaucoup. Les deux entraîneurs de natation nous aident énormément. J’ai nagé beaucoup quand j’étais jeune. Ça doit être la génétique puisque mon oncle (François Morneau) aurait participé aux Jeux olympiques en natation à Moscou en 1984, n’eût été le boycott par le Canada.»

Des résultats positifs

Morneau récolte déjà les fruits de son labeur. «Je suis plus en forme actuellement que l’été dernier, a-t-il affirmé. Je n’ai jamais été aussi bien encadré. J’ai besoin d’encadrement pour m’entraîner. Ça annonce bien pour la saison.»

Frédéric Jobin a remarqué la différence chez son protégé. «Étienne ne s’est jamais entraîné aussi fort, a affirmé l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne de 200 mètres. C’est un méchant changement.»

Les membres de l’équipe nationale partiront pour la Floride demain, où ils amorceront à compter de lundi un camp d’entraînement de trois mois à Indian Harbour Beach, tout près de Melbourne.


 

Deux entraîneurs emballés par l’expérience

Nicholas Perron et Frédéric Jobin sont tous les deux emballés par l’expérience amorcée en novembre.

Perron a eu droit à une surprise. «J’ai été surpris de ne pas avoir à leur montrer à nager, a raconté l’entraîneur-chef du Rouge et Or. C’est bien plus intéressant de cette façon. Je peux les pousser et j’ai l’impression de contribuer davantage à leur préparation.»

 «Au départ, j’ai accepté de les accueillir pour leur rendre service, mais j’ai réalisé au fil des semaines qu’il y a beaucoup de similitudes entre les deux sports. Nous sommes habitués de travailler en vase clos et ça fait changement. La présence de gars professionnels et matures physiquement amène une belle énergie à notre groupe de nageurs. Qui sait, on se retrouvera peut-être dans des kayaks en début de saison l’an prochain.»


Pas une première

Ce n’est pas une première que les kayakistes fassent de la natation pendant la saison morte, mais l’environnement a complètement changé cette année.

«Par le passé, on se retrouvait 16 nageurs dans une piscine de 15 mètres à Lac-Beauport, a souligné Jobin. Les kayakistes reçoivent maintenant des conseils techniques, et il s’agit d’un beau défi de se mesurer aux nageurs du Rouge et Or. Par le passé, les Olympiens Caroline Brunet, Maxime Boilard et Liza Racine (réserviste à Sydney en 2000) ont tous fait de la natation.»
 

Pour ajouter du piquant, des duels entre kayakistes et nageurs ont lieu parfois à la fin des entraînements.

Lors de notre passage, la spécialiste du dos Geneviève Cantin s’est mesurée à Étienne Morneau dans un 25 m libre. Morneau a devancé Cantin par 0,1 s avec un chrono de 11,7 s. «C’est très bon pour un non-nageur, a indiqué Perron. Notre meilleur fait 10,9 s. Il faut aussi tenir compte que ce n’est pas la spécialité de Geneviève.»

En plus de la natation, le ski de fond, la course et la musculation font partie du programme d’entraînement des kayakistes.
 

Leur préparateur physique Gabriel Bouchard-Vincent sera du voyage en Floride pour peaufiner leur préparation au cours du mois de février. L’entraînement intensif sur l’eau débutera en mars avec l’arrivée de Jobin.



 

« Les athlètes n’ont jamais été aussi bien encadrés »

«À sa première année, le Centre national de kayak justifie amplement sa présence», affirme l’entraîneur-chef de l’équipe nationale du 200 m, Frédéric Jobin.

«Au départ, l’Association canadienne hésitait à accorder à Québec le statut de centre national en raison de l’absence d’une université anglophone, mais on peut dire qu’il s’agit d’une réussite après seulement un an. On retrouve dix athlètes qui possèdent leur brevet au centre national. Les athlètes n’ont jamais été aussi bien encadrés avec la présence de plusieurs spécialistes.»

On retrouve des centres nationaux de canoë-kayak à Montréal, Halifax et Toronto. Hugues Fournel abonde dans le même sens.

«Ça fait une grosse différence d’être tous regroupés au même endroit, a mentionné l’athlète olympique de 2012 à Londres. On pousse deux fois plus. J’ai toujours eu de la difficulté à m’entraîner seul. On part en Floride, vendredi (demain), pour un camp de trois mois.»