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Une députée fantôme

Sana Hassainia
photo courtoisie

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Pourquoi tolérons-nous encore en 2015 des députés fantômes?  Il est totalement inacceptable qu’une députée fédérale, payée 163 mille dollars par année, puisse manquer 94% des votes à la Chambre des communes. Vraiment, la nouvelle révélée par Radio-Canada cette semaine m’a renversée.
 
Selon la Société d’État, Sana Hassainia, élue en 2011 sous les couleurs du NPD dans Verchères-Les Patriotes mais désormais indépendante, a participé à seulement 16 votes sur 269 l’an dernier.  Et comme si ce n’était pas assez, elle est même absente à son bureau de circonscription et sur le terrain.  Si elle avait de bonnes raisons, on pourrait comprendre, mais ses explications sont plutôt gênantes.
 
Mère de deux jeunes enfants, Sara Hassainia soutient qu'elle travaille de la maison et que c’est sa façon personnelle de concilier travail et vie de famille.  Oufff!  Quel mauvais message!  Tout pour alimenter les préjugés que certains employeurs peuvent avoir envers les jeunes mères de famille.  De toute évidence, elle ne comprend pas l'importance de son travail.  Mme Hassainia n'est pas la première ni la dernière à faire de la politique avec de jeunes enfants, mais elle est probablement l'une des seules à s'être absentée autant.
 
Sur la scène provinciale, l’ancienne première ministre du Québec, Pauline Marois, était enceinte de 9 mois lorsqu’elle s’est lancée en politique.  Elle a eu 4 enfants tout en étant députée et ministre.   Il est clair qu’elle a dû faire des sacrifices, elle a peut-être été moins présente qu’elle le souhaitait auprès d’eux, mais dans la vie, on fait des choix.  
 
On n’accepte pas d’être payée 163 mille dollars pour représenter la population si on souhaite demeurer à la maison avec les enfants.  Sana Hassainia devrait prendre exemple sur l’ancienne ministre libérale Yolande James qui a préféré ne pas être candidate aux dernières élections provinciales pour pouvoir se consacrer à sa famille.  Mère d’un poupon, elle envisageait mal de concilier le travail de députée avec ses responsabilités parentales, puisque les députés doivent passer trois jours par semaine à Québec pendant la session parlementaire alors qu’elle demeure à Montréal.   
 
Plutôt que de profiter du système qui est beaucoup trop tolérant envers l’absentéisme, Sana Hassainia devrait faire preuve de respect avec ses électeurs et faire acte de présence jusqu’à la fin de son mandat qui achève même si elle doit faire garder occasionnellement ses enfants.  Quant aux prochaines élections, j'ose espérer qu'elle ne se représentera pas, ce serait le comble.  Non, en fait le comble, serait qu'elle soit réélue.