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Le crime de Duhaime et de Normandeau

Éric Duhaime et Nathalie Normandeau
Photo d'Archives Éric Duhaime et Nathalie Normandeau

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Au cours des derniers jours, Martin Petit, un chroniqueur du Devoir et un ancien ministre péquiste se sont scandalisés du comportement de Nathalie Normandeau et d’Éric Duhaime.

Quel crime ont commis les coanimateurs de l’émission du midi au FM93 de Québec?

Ce soir, à Québec, Duhaime et Normandeau vont participer à un cocktail de financement pour aider Jean-François Morasse, le fameux «carré vert», à porter la cause d’outrage au tribunal remportée par Gabriel Nadeau-Dubois jusqu’en Cour Suprême.

«Où est le scandale?» me direz-vous. «Duhaime et Normandeau peuvent appuyer les causes qu’ils veulent», pensez-vous. «Au Québec, on est tous Charlie», croyez-vous.

Eh bien non. Au Québec, la liberté d’expression est à géométrie variable. La gauche défend ceux qui défendent les mêmes idées qu’elle. Mais pour les autres, c’est: «Ferme ta gueule.»

LA LIBERTÉ À DEUX VITESSES

À l’émission Deux hommes en or, vendredi dernier, Martin Petit recevait Gabriel Nadeau-Dubois. «Comment tu te sens là-dedans, de mériter toute cette haine?» lui a-t-il demandé, en faisant référence à ce fameux cocktail de financement.

Pardon? Deux animateurs décident d’aider un étudiant, qui a perdu sa cause, à ramasser des sous, et Martin Petit qualifie ça de «haine»?

Heureusement, Nadeau-Dubois a été mille fois plus perspicace que Martin Petit: il a répondu que... Jean-François Morasse avait parfaitement le droit de porter la cause en Cour Suprême! Merci de rappeler une évidence.

J’en ai marre des «deux poids, deux mesures». Si un carré rouge s’adresse aux tribunaux, on l’applaudit. Si un carré vert fait la même chose, il attise la «haine»?

Martin Petit devrait garder sa job de pêcheur: il est meilleur à attraper du poisson qu’à le noyer avec des questions biaisées.

ROUGE OU VERT

Le chroniqueur du Devoir David Desjardins a qualifié la présence de Duhaime et Normandeau au cocktail de financement de «stunt publicitaire» pour faire parler d’eux.

Un comédien qui dénonce les coupes de Harper dans la culture lors d’un gala ou un chanteur qui est porte-parole d’une manif contre l’«austérité», est-ce que c’est un «stunt publicitaire», ça, monsieur Desjardins?

Sur Twitter, l’ancien ministre péquiste Pierre Duchesne a questionné la présence de Normandeau à ce cocktail, évoquant la «responsabilité» des animateurs face à leur public.

Pierre Duchesne, un ancien journaliste, reproche vraiment à des animateurs d’appuyer une cause qui leur tient à cœur?

Tous les jours, des animateurs encouragent leur public à donner des sous, que ce soit pour les enfants malades, la libération d’un blogueur ou la protection de la baleine. C’est leur DROIT. Qu’ils penchent à droite ou à gauche.

LA BONNE CAUSE ?

Récemment, à Tout le monde en parle, Guy A. Lepage a encouragé son public à donner des milliers de dollars pour la cause environnementale défendue par Gabriel Nadeau-Dubois.

Est-ce que c’était «irresponsable», monsieur Duchesne?

Est-ce qu’il y a deux sortes de causes? Les bonnes, que vous défendez, et les autres, qui sont honteuses, parce qu’à l’opposé de votre idéologie?

La liberté d’expression, c’est comme le soleil: ça brille pour tout le monde.