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Réforme scolaire : constat d’échec

Le nouveau bulletin scolaire qui sera implanté au Québec l'an prochain est peut-être un peu trop simple.

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Cette semaine était rendu public un rapport, fait par des chercheurs de l’Université Laval, qui en venait à un constat que les enseignants font depuis des années : la réforme (renouveau pédagogique) serait un échec. Dans la salle des profs où j’enseigne, personne n’était surpris de lire la une du Journal. Nous, enseignants, savions que la réforme était un échec. Mais qui daigne écouter les enseignants ? Après tout, nous ne sommes qu'à temps plein dans les écoles, mais notre opinion n'est pratiquement jamais considérée. Comme si nous étions des ignorants de l'éducation... 

Cette réforme, c’est celle qu’a mise en place Pauline Marois en 1997, alors qu’elle était ministre de l’Éducation. Cette réforme de l’éducation intitulée « Prendre le virage du succès » visait trois objectifs : le succès, la qualité et l’efficacité. Pourtant, depuis son installation, on dirait que la réforme, ce n’est que ça, de l’improvisation. Est-ce que nos élèves ont été mis au centre de nos décisions et de nos priorités ? Non. Est-ce que le succès est davantage au rendez-vous ? Non. A-t-on une meilleure qualité d’enseignement ? Non plus. Est-ce que les nouveaux finissants du secondaire sont plus efficaces ? Non plus. Trois objectifs, trois échecs. 

Depuis des années, voire depuis que celle-ci a été annoncée, des enseignants, les syndicats d’enseignement et plusieurs figures publiques ont dénoncé cette réforme à tout vent. Pourtant, encore ces dernières heures, et après la parution de l’étude, le nouveau ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, en entrevue avec Paul Arcand niait pratiquement les problématiques des écoles du Québec et ne souhaitait pas apporter de changements majeurs. Comme s’il vivait dans une bulle. Il mentionnait qu’il visitait des écoles, je me suis esclaffée dans ma voiture : c’est clair que si le ministre annonce une visite dans une école, tout le monde va se mettre sur son 36, on ne mettra pas l’accent sur les problématiques, mais plutôt sur le protocolaire...  

Pourtant, malgré ce que semble croire le docteur Bolduc, notre système d’éducation a besoin d’un remède de cheval, d’une réforme majeure : nous avons besoin d’un retour à l’enseignement systématique et l’abandon de méthodes pédagogiques souvent abracadabrantes qu’on suggère jusque dans les facultés d’éducation. Évidemment, certains s’époumoneraient en disant qu’on « retourne en arrière », mais parfois, il faut avouer l’évidence : la recette d’origine était meilleure que la nouvelle version. Il faut parfois que certains bonzes ministériels avouent leur erreur et cessent de faire en sorte que des cohortes d’élèves soient pratiquement des cobayes. 

Pourtant, l’enseignement systématique n’est pas négatif ! Égide Royer a utilisé un excellent exemple cette semaine au micro de Paul Arcand en disant que « Lorsqu’on apprend à quelqu’un à tenir un bâton de hockey, on ne lance pas les bâtons sur la patinoire en disant : allez-y, apprenez à le tenir ! » C’est aussi le cas en grammaire : c’est certain qu’on peut écrire « Le veuf sportif rencontra une veuve sportive » et demander à l’élève : que remarques-tu ? Qu’arrive-t-il aux mots qui se terminent en -f lorsqu’ils sont utilisés au féminin ? Mais on peut aussi enseigner la règle sans demander aux apprenants de déduire celles-ci et par la suite demander aux étudiants s’ils voient la règle dans la phrase, et non l’inverse. Enseigner, c’est ça : c’est de transmettre une connaissance. Certains semblent souvent l’oublier. 

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