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La députée fantôme quitte, mais le bar demeure ouvert

Nous aimerions pourtant avoir l’assurance que nos députés nous représentent à la hauteur de leur salaire

Sana Hassainia
Photo d'archivers

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Sans surprise, la députée fédérale de Verchères-Les Patriotes, Sana Hassainia, a annoncé cette semaine qu’elle ne se représentera pas aux prochaines élections. De toute façon, avec tout ce qui s’est dit sur elle dernièrement, je ne crois pas qu’elle aurait été réélue.

Malgré ses absences remarquées dans sa circonscription et son faible taux de participation lors des votes à la Chambre des communes (à peine 6 % en 2014), elle aura pu toucher son salaire annuel de 163 000 $ par année pendant quatre ans, peu importe la qualité de son travail.

Si elle était dans le privé, Mme Hassainia aurait eu son «bleu» depuis longtemps, mais, au gouvernement, outre les médias, personne ne va lui taper sur les doigts. Elle n’est malheureusement pas la première et elle ne sera certainement pas la dernière à abuser du système, qui est beaucoup trop tolérant. La vie est belle à Ottawa et on n’a surtout pas l’intention de changer les choses.

On pourrait pourtant s’inspirer de ce qui se fait ailleurs. Par exemple, la loi sur les élections scolaires au Québec prévoit qu’un élu doit démissionner après trois absences consécutives, mais encore faut-il faire respecter la loi. Sauf que, vous le savez, lorsqu’un député démissionne, on doit tenir une autre élection pour le remplacer, ce qui coûte une fortune aux contribuables.

La meilleure façon pour encourager l’assiduité des députés serait probablement d’aller piger dans leur portefeuille en cas d’absence. C’est ce qu’ont fait certaines commissions scolaires, comme celle des Découvreurs, où la mesure a porté ses fruits. Un élu qui s’absente du conseil des commissaires est privé de 200 $, ce qui représente environ les deux tiers de son salaire mensuel. Et il n’y a pas d’excuses.

Si une telle mesure s’appliquait à la Chambre des communes, il y a fort à parier que Sana Hassainia et les autres députés qui brillent par leurs nombreuses absences prendraient plus au sérieux leur travail. Malheureusement, je rêve en couleurs, tout ça n’arrivera pas. Y a-t-il un seul député à Ottawa qui a fait une telle proposition depuis les révélations sur Sana Hassainia? Nous aimerions pourtant avoir l’assurance que nos députés nous représentent à la hauteur de leur salaire.

Sana Hassainia a beau vouloir se justifier en mentionnant qu’elle a perdu sa mère et qu’elle a accouché de deux enfants pendant son mandat, elle n’est pas la première politicienne à avoir des enfants. Il y a plein d’exemples de mamans-députées qui ne négligent pas pour autant leur travail. Les explications de Sana Hassainia peuvent certainement motiver quelques absences, mais pas de là à être présente uniquement lors de 16 votes sur 269 l’an dernier.

Comme je l’ai déjà mentionné, dans la vie, on fait des choix. On n’accepte pas d’être payée 163 000 $ pour représenter la population si on souhaite demeurer à la maison avec les enfants. La maman-députée de Verchères-Les Patriotes a compris le message pour les prochaines élections, mais il serait plus que temps qu’on resserre les règles à Ottawa.