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Barrette, un vrai ministre

Des ministres mous, on en a assez vu au Québec. On avait gravement besoin d’un ministre avec une colonne vertébrale

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Enfin, le ministère de la Santé a un vrai ministre à sa tête. Il était temps.

Avant lui, les Réjean Hébert, Yves Bolduc, Philippe Couillard, François Legault et les autres qui ont dirigé ce ministère n’avaient pas fait beaucoup pour réformer le réseau.

Pour un grand nombre de Québécois, moins de bureaucratie et un meilleur accès au système de santé passent bien avant les débats parlementaires interminables et les fameuses «consultations avec les intervenants du milieu».

«Le bulldozer a sévi» s’est exclamé la péquiste Diane Lamarre, tôt samedi matin, après l’adoption du projet de loi 10 sous le bâillon, une loi abolissant les agences de la santé.

Mme Lamarre a vu juste. C’est justement d’un «ministre-bulldozer» dont le système de santé avait besoin au Québec.

Des ministres mous, on en a assez vu au Québec.

On avait gravement besoin d’un ministre avec une colonne vertébrale pour obliger les médecins à travailler plus longtemps, à traiter plus de patients et à alléger les structures.

Un début

La réforme Barrette va-t-elle tout régler en santé? Certainement pas. Mais c’est un bon début.

Imaginez comment ce sera encore plus compliqué si un jour, un ministre décide d’apporter des changements encore plus importants, des changements du style «hôpitaux privés» ou «assurances maladie privées».

Les syndicats, l’opposition et plusieurs journalistes vont crier à l’apocalypse!

Parlant de journalistes, j’écoutais l’émission de Marie-France Bazzo, jeudi soir, à Télé-Québec. Le ministre Robert Poëti était l’invité, pour défendre les politiques du gouvernement Couillard, comme les projets de loi 10 et 20.

Ils se sont mis à quatre pour «fesser dessus». Quatre journalistes supposément neutres, qui tentaient de nous faire croire que «tout le monde» était contre la réforme Barrette.

Souvent quand les journalistes parlent de «tout le monde» ils parlent des syndicats, des groupes de pression et de l’opposition. Ils oublient la majorité. La majorité, c’est vous et moi, les contribuables, les clients du système de santé.

Les contribuables ne se paient jamais de pages de pubs dans les journaux ou à la télé pour approuver ou dénoncer des décisions gouvernementales.

Et souvent, quand les syndicats s’arrachent les cheveux, c’est signe que le contribuable risque d’y trouver son compte.

Prendre des décisions

L’opposition reproche aussi à Gaétan Barrette de vouloir tout centraliser autour de lui.

Tant mieux, c’est lui le ministre. C’est lui qui a été élu pour prendre des décisions. C’est lui, Barrette, qui a des comptes à rendre à la population.

Évidemment, il ne suffit pas de prendre des décisions quand on est ministre. Il faut aussi des résultats.

Il y a des décennies qu’un ministre de la Santé n’avait pas eu un vrai plan de match. Vous souvenez-vous de Jean Rochon et son virage ambulatoire? Le gouvernement péquiste de l’époque s’était royalement planté avec cette réforme.

Si Gaétan Barrette se plante comme Jean Rochon, on le mettra dehors aux prochaines élections. Point final.

En attendant, quelqu’un a de meilleures idées que lui?