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Prêt à tout pour sauver des emplois

Jean Gagnon disposé à «désyndicaliser» les employés d’ExpoCité pour qu’ils travaillent dans le nouvel amphithéâtre

Ils sont environ 140 employés d’ExpoCité à travailler au Colisée. Plusieurs occupent cet emploi depuis de nombreuses années et espèrent continuer à travailler dans le nouvel amphithéâtre.
Photo Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés Ils sont environ 140 employés d’ExpoCité à travailler au Colisée. Plusieurs occupent cet emploi depuis de nombreuses années et espèrent continuer à travailler dans le nouvel amphithéâtre.

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Le président du Syndicat des fonctionnaires municipaux de Québec (SFMQ), Jean Gagnon, se dit prêt à «désyndicaliser» les employés d’ExpoCité pour leur permettre de travailler dans le nouvel amphithéâtre.

M. Gagnon, qui a fait cette déclaration surprenante, ne veut pas s’engager dans une bataille juridique susceptible de s’éterniser. «Même s’ils ne sont plus syndiqués, c’est sûr qu’on souhaite que ces gens-là puissent aller travailler dans l’amphithéâtre. Ça réglerait beaucoup de problèmes.»

Depuis que les Remparts ont annoncé qu’ils déménageaient dans l’amphithéâtre, les employés d’ExpoCité sont dans le néant. La programmation de la Ligue de hockey junior majeur du Québec leur garantissait du travail pour une quarantaine de matchs à domicile.

Le manque d’information déploré

Toutefois, en confiant la gestion de l’amphithéâtre au privé, la Ville de Québec se libè­re de l’obligation de les faire travailler.

Ils sont environ 140 employés d’ExpoCité à travailler au Colisée. Plusieurs occupent cet emploi depuis de nombreuses années et espèrent continuer à travailler dans le nouvel amphithéâtre.
Photo Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés

Pour la plupart, il s’agit d’employés occasionnels en quête d’un revenu d’appoint. Ils sont environ 140 à travailler au Colisée. Ils n’ont pas de fonds de pension ni de congés payés, contrairement aux cols blancs et aux employés manuels. Ils occupent des postes de préposés au stationnement, à la billetterie, au bar, etc. Tous reprochent le manque d’information de la part des dirigeants.

«On ne traite pas du bétail, mais du monde. Je pense que c’est dans l’intérêt de tout le monde d’essayer de s’entendre. On ne veut pas de confrontation. On veut travailler en collaboration, si c’est possible», a ajouté M. Gagnon.

Un petit extra bienvenu

Nathalie Valtadoros travaille de jour comme conseillère à la CSST. Le soir, elle met son tablier de barmaid. Le petit revenu qu’elle empoche en plus lui permet de payer la pension de son cheval.

«Je n’ai pas l’impression de travailler, parce que j’aime ce que je fais», dit celle qui souhaite travailler dans le nouvel amphithéâtre comme tous ses collègues.

Alain Thibault, qui a commencé comme préposé au bar le 24 novembre 1981 lors d’un match des Nordiques contre les Red Wings de Detroit, a payé ses études universitaires en travaillant au Colisée.

«Ça m’a aussi permis de payer ma première voiture», a-t-il ajouté.

Reste à voir comment l’organisation du travail pourrait se faire, les employés de l’amphithéâtre redeviendraient syndiqués lorsqu’ils seraient appelés à travailler dans les autres pavillons du site. Ni Québecor ni ExpoCité n’ont donné suite à nos demandes d’entrevue.


La fraternité des policiers moins conciliante

La Fraternité des policiers n’hésitera pas à déposer un grief contre la Ville de Québec si jamais elle cesse de faire appel à ses membres pour faire régner l’ordre dans le nouvel amphithéâtre.

Chaque fois qu’il y a une partie de hockey au Colisée, des policiers sont affec­tés en temps supplémentaire. L’an dernier, ils ont cumulé 2300 heures supplémentaires, ce qui représente 131 000 $ pour les contribuables.

Bien que des rumeurs au sein du Service de police fassent état de l’abolition de cette pratique, la Fraternité a bien l’intention de faire respecter à la lettre la convention collective.

Le contrat de travail prévoit que la direction doit affecter un minimum de trois agents plus un sergent durant les parties de hockey. Au-delà de 5000 spectateurs, un agent en temps supplémentaire s’ajoute pour chaque tranche de 1500 spectateurs.

En 2013, près de 2750 heures ont été payées aux policiers pour un total de 154 000 $ en vertu de cette clause.

Questions sans réponse

«On attend de connaître l’orientation de l’employeur. On a posé la question la semaine dernière», a dit Marc Richard, le président de la Fraternité.

M. Richard a clairement fait savoir que le syndicat déposerait des griefs si jamais la Ville ou le gestionnaire de l’amphithéâtre allait contre cette pratique qui existe depuis plus de 20 ans.

«On prétend que les activités de l’ancien Colisée vont être transférées dans le nouvel amphithéâtre. Ce n’est pas parce que c’est écrit «Colisée de Québec» que le droit lié au contrat de travail s’annule», a ajouté le président.

En plus des policiers, ExpoCité a aussi recours à des agents de sécurité du secteur privé pour s’assurer que tout se déroule pour le mieux. L’appel d’offres pour la gestion de la sécurité à l’amphithéâtre devrait être publié d’ici un mois.

« On ne traite pas du bétail, mais du monde. Je pense que c’est dans l’intérêt de tout le monde d’essayer de s’entendre. » — Jean Gagnon