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«Probable qu’il arrive d’autres événements»

La SQ admet que les «loups solitaires» lui posent tout un défi

terrorisme de la SQ
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier Au centre, le directeur général adjoint aux enquêtes criminelles et intégrité de l’État, Jocelyn Latullippe, en compagnie de Pierre Allaire (à gauche), directeur de la protection des personnes et des infrastructures, et de Sylvain Guertin (à droite), directeur du service d’enquête sur la menace extrémiste.

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La Sûreté du Québec estime probable que d’autres actes extrémistes surviendront dans la province.

«Il est probable qu’il arrive d’autres événements... Est-ce que ce seront des événements à saveur extrémiste islamique ou contre une minorité ethnique, je ne le sais pas, mais il va certainement arriver autre chose», a confié le grand responsable des enquêtes criminelles et de la sécurité intérieure à la SQ, Jocelyn Latulippe.

M. Latulippe était flanqué de Pierre Allaire et Sylvain Guertin, deux hauts gradés de la SQ responsables de la lutte antiterroriste, au quartier général de rue Parthenais, lors d’une entrevue accordée à notre Bureau d’enquête.

Depuis les actes de terrorisme commis par Martin Couture-Rouleau à Saint-Jean-sur-Richelieu, puis Michael Zehaf-Bibeau à Ottawa, la SQ dit avoir reçu 200 signalements.

Nouveau défi

Les policiers sont convaincus d’avoir identifié d’autres individus menaçants pour la société québécoise.

«On a détecté des sujets d’intérêt et on a agi. On a été capables d’encadrer ces gens-là», assure M. Latulippe, sans vouloir donner plus de détails.

«La meilleure façon de détecter les signaux faibles, c’est la haine, dit-il. Quand il commence à y avoir de la haine, tu n’es pas loin de l’acte terroriste.»

La SQ ne cache pas que la lutte contre les loups solitaires est complexe.

«Détecter des extrémistes et des loups solitaires, c’est vraiment une nouvelle profession. C’est un créneau de crime qu’on n’était pas habitués à reconnaître à première vue et là, il faut qu’on en soit là», explique Pierre Allaire, chargé de la protection de la personnalité et des infrastructures.

Les policiers comptent sur des informations qui lui sont relayées par la population.

«Les gens se sont peut-être rendu compte que ça pouvait arriver chez nous et ont commencé à nous signaler des comportements qu’on ne nous aurait pas rapportés normalement», analyse Sylvain Guertin, responsable du service d’enquête sur la menace extrémiste.

«Souvent, ce sont des événements qui sont survenus il y a plusieurs semaines et on vient de nous les rapporter», dit-il.

Sentiment de sécurité

Entre-temps, Jocelyn Latulippe s’inquiète pour le sentiment de sécurité des Québécois. «Ma principale préoccupation, dit-il, c’est la diminution de la qualité de vie que l’on a au Québec. Cette qualité de vie, c’est en fait un sentiment de sécurité. Et ça, c’est très fragile.

«Ma crainte, a-t-il ajouté, c’est que si on perd ça, on perd quelque chose de beau qu’on a au Québec actuellement.»

« La venue des médias sociaux avec l’extrémisme a fait davantage de promotion de la propagande. Ça augmente le nombre de signalements. » – Pierre Allaire

« Nous sommes en train de classer les infrastruc­tures critiques et de les catégoriser par niveau en essayant d’établir des normes de sécurité et d’évaluation de la menace. » – Jocelyn Latulippe

« J’ai été surpris et fier de voir comment les Français ont réagi, comment la population a dit on ne se laissera pas intimider et je pense qu’au Québec on a su se tenir debout et fiers, et qu’on ne s’abaissera pas à ce niveau de barbarie. » – Sylvain Guertin

La lutte au Québec
Martin Couture-Rouleau a foncé sur deux militaires le 20 octobre 2014 à Saint-Jean-sur-Richelieu tuant Patrice Vincent. Il a ensuite été tué par balles après une poursuite.
Photo d'archives
Martin Couture-Rouleau a foncé sur deux militaires le 20 octobre 2014 à Saint-Jean-sur-Richelieu tuant Patrice Vincent. Il a ensuite été tué par balles après une poursuite.

► Au Québec, la lutte contre le terrorisme est menée conjointement par la SQ, le SPVM et la GRC.

► La SQ fait partie de la Structure de gestion policière contre le terrorisme (SGPCT); elle-même comporte quatre volets: le renseignement, les enquêtes, les communications et la réponse antiterroriste.

► Selon la SQ, cette structure créée après les attentats du 11 septembre 2001 est toujours efficace.

► Même si la SQ devra se serrer la ceinture pour économiser 30 M$ d’ici mars prochain, l’état-major assure avoir assez de marge de manœuvre pour mener à bien ses enquêtes.

Michael Zehaf-Bibeau, le tireur qui a abattu un militaire au Parlement à Ottawa le mercredi 22 octobre 2014.
Photo d'archives
Michael Zehaf-Bibeau, le tireur qui a abattu un militaire au Parlement à Ottawa le mercredi 22 octobre 2014.
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