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Un chef juste pour nous

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Malgré le nombre de pays qu’on visite durant une saison, chacun des endroits où on s’arrête chaque semaine et avec tous ces hôtels où on débarque, on arrive quand même à respecter notre Guide alimentaire canadien.

Avec les années, j’ai appris à m’adapter aux variations des cuisines et, surtout, à l’habitude de partager le même buffet de l’hôtel avec tous les athlètes des autres pays qui y habitent. Je traîne toujours ma bouteille de Purell pour diminuer les risques de contagion, puis on en vient à composer avec cette façon de faire.

Avant de devenir un régulier sur le circuit de la Coupe du monde, mon réseau de courses se trouvait au Canada et aux États-Unis. J’y étais habitué à une routine alimentaire plus stricte et plus facile à organiser que maintenant. On achetait nos denrées à l’épicerie et on se cuisinait nos propres repas.

Mais quand on accède à la Coupe du monde, on découvre qu’on n’a plus les mêmes possibilités. On se rend compte alors que cette situation est la même pour tout le monde.

Quand on voit Dario Cologna et Petter Northug assis à des tables voisines, tu te dis qu’ils vivent les mêmes contraintes et qu’ils sont quand même capables de gagner des courses toutes les fins de semaine.

Un chef suédois

On est arrivé en Suède lundi en prévision des championnats du monde qui débutent dans une semaine. Le nord de la Scandinavie et surtout la Finlande ne sont pas toujours synonymes de grandes tablées gastronomiques, mais lorsqu’on quittera Ostersund pour Falun, après la Coupe du monde de la fin de semaine, on aura droit aux services d’un chef juste pour nous.

Pour le plus gros événement de l’année, comme les mondiaux ou les Jeux olympiques, on essaie d’aller chercher le moindre petit avantage qui pourrait nous aider. Avoir les services de notre propre chef peut faire la différence, ce qu’on ne pourrait pas s’offrir durant la Coupe du monde parce que ça deviendrait trop dispendieux.

À Falun, on aura donc avec nous un chef du pays. Micke, l’un de nos farteurs, est Suédois et il a demandé à un cuisinier qui avait déjà travaillé avec lui à l’époque où il faisait partie de l’équipe suédoise de préparer ses menus en fonction de nos demandes. Et celui-ci a accepté.

Dans les patates

Ça nous changera des patates bouillies, souvent la nourriture de base du nord de la Scandinavie! À Ostersund, où on a l’habitude de tenir un camp d’entraînement avant le début de la saison, ils nous servent une saucisse géante, quelque chose qui ressemble à un gros rouleau de «Baloney», avec une sorte de relish et de fromage à l’intérieur. Mettons que ça fait bizarre...

Heureusement, je n’ai jamais été victime d’un empoisonnement alimentaire, ce qui n’est pas le cas de Devon Kershaw.

Une année, on était à La Clusaz après les Fêtes et, même si on a l’habitude de bien manger en France, Devon avait essayé le foie gras qui nous avait été proposé. Probablement qu’on s’approchait de sa date de péremption parce que Devon avait été tellement malade qu’il avait raté la fin de semaine de courses au complet!

— Propos recueillis par Alain Bergeron