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Un ministère a versé 10 M$ à 23 consultants «permanents»

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Le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles a versé 10 millions de dollars pour seulement une vingtaine de consultants informatiques qui travaillent depuis plus de trois ans à même ses bureaux.

Le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles a versé 10 millions de dollars pour seulement une vingtaine de consultants informatiques qui travaillent depuis plus de trois ans à même ses bureaux.

Ils sont 23 consultants privés à l’emploi de ce ministère depuis plus de trois ans et ils se sont partagé jusqu’ici 9,8 M$, selon des informations obtenues par notre Bureau d’enquête grâce à la Loi d’accès à l’information.

Un consultant informatique est même dans les bureaux du ministère depuis 2008 et a coûté 966 449 $ aux contribuables (ce montant n’est pas son salaire, mais le coût pour le recours à ses services).

«À l’interne, on ne sait même plus s’ils sont fonctionnaires ou consultants. On leur demande de le spécifier à côté de leur nom dans leur courriel», nous raconte une source.

Même si nos informations ne permettent pas de savoir combien d’heures par semaine travaillaient tous ces consultants, plusieurs ont coûté plus de 100 000 $ par année.

Pourtant, selon le gouvernement, un consultant informatique doit remplir un besoin ponctuel et spécialisé.

Un mal répandu

Ces nouvelles informations s’ajoutent à celles dévoilées par notre Bureau d’enquête lundi, alors que nous révélions que le recours aux consultants privés avait coûté plus d’un milliard de dollars aux contribuables québécois lors de la dernière année.

Le reportage dévoilait qu’au ministère des Ressources naturelles, on comptait 192 consultants privés (dont les 23 qui y travaillent depuis au moins trois ans) en plus des 268 fonctionnaires en informatique.

Les 10 consultants les mieux payés coûtent entre 805 $ et 1127 $ par jour aux Québécois, selon nos informations.

En moyenne, un fonctionnaire dans le domaine empoche 350 $ par jour.


Le gel d’embauche en cause

Le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles évalue que le gel d’embauche dans la fonction publique a contribué au recours continuel aux consultants privés en informatique.

«Il faut continuer à offrir les services (informatiques), mais il faut continuer d’avoir du monde pour le faire», explique Nicolas Bégin, porte-parole au ministère.

Selon lui, «la rareté de la main-d’œuvre et la difficulté à recruter dans le secteur des technologies de l’information» expliquent ce nombre important de consultants.

Il rappelle que son ministère gère des sites transactionnels parmi les plus sollicités dans la fonction publique, dont le registre foncier.

«C’est 10 M$ de transaction financière par année [...] et on produit 50 % des données en géomatique dans la fonction publique», poursuit-il.

«Ça demande une expertise de pointe.»