/news/politics
Navigation

Weil rectifie: elle refuserait de travailler avec un intégriste

La ministre de l'Immigration, Kathleen Weil.
SIMON CLARK /JOURNAL DE QUEBEC La ministre de l'Immigration, Kathleen Weil.

Coup d'oeil sur cet article

Après avoir laissé entendre le contraire quelques heures plus tôt, la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, assure qu’elle refuserait de travailler avec un intégriste à son cabinet ministériel.

«La réponse, c’est vraiment non», a assuré la ministre Weil, à la sortie du conseil des ministres.

«On s’entend, quelqu’un qui ne partage pas nos valeurs de démocratie, l’égalité entre les hommes et les femmes, quelqu’un qui ferait la promotion de l’homophobie, ça serait impossible que quelqu’un comme ça se retrouve dans mon cabinet, vraiment impossible», a-t-elle continué.

À son arrivée au caucus libéral, un peu plus tôt, questionnée à deux reprises par une journaliste à savoir si elle accepterait qu’un intégriste religieux travaille à son cabinet, la ministre Weil avait plutôt répondu sous le signe de l’ouverture.

«Ça dépend jusqu’où là, avait alors rétorqué la ministre Weil. Religieux... S’il est rigoriste, mais qu’il ne fait pas de mal à personne...»

Celle à qui le premier ministre Couillard a confié la présidence d’un comité interministériel devant livrer un plan de lutte contre la radicalisation d’ici juin ou septembre, avait également laissé comprendre que ce serait faire erreur que d’ostraciser un intégriste religieux.

«Écoutez, on n’a pas de jugement à porter sur cette personne, en autant que la sécurité publique est protégée», avait expliqué la députée libérale de Notre-Dame-de-Grâce.

Le choix des mots

La ministre de l’Immigration a également pris soin d’expliquer, à son arrivée au caucus libéral, mercredi matin, le récent changement de discours du gouvernement Couillard sur les questions d’intégrisme et de radicalisation.

Rappelons qu’en début de mandat, Philippe Couillard s’était engagé à lutter sans gêne contre l’intégrisme.

La semaine dernière, le premier ministre en a fait sourciller plusieurs en s’autocensurant, par la suppression du mot «intégrisme» de l'une de ses déclarations passées dont il a fait la relecture en chambre, au profit des termes «dérives religieuses».

Le chef libéral préfère maintenant parler «d’extrémisme» et de «radicalisation» et les membres de son conseil des ministres ont adopté pareil lexique.

«C’est que l’intégrisme, c’est autre chose, là ce qui inquiète les pays occidentaux, c’est la radicalisation et l’extrémisme religieux», a expliqué la ministre Weil, mercredi matin, aux journalistes de la presse parlementaire.

Observateur de l’intégrisme

Par ailleurs, le Parti québécois a déposé, en chambre, son projet de loi 395 sur l'observatoire de l'intégrisme religieux.

«Ce projet de loi prévoit qu'un observateur de l'intégrisme religieux, nommé par l'Assemblée nationale, a pour mission d'identifier et de documenter les manifestations d'intégrisme religieux au Québec», a expliqué la leader parlementaire péquiste, Agnès Maltais.

«Il a également pour mission d'étudier les phénomènes et les enjeux comme les accommodements religieux, la neutralité religieuse et la laïcité de l'État, ainsi que l'intolérance envers les minorités religieuses», a-t-elle continué.

«Je suis un peu de ceux qui disent qu’il faut être en action, plus qu’observer», a indiqué à ce sujet la ministre de l’Immigration, mardi.
 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.