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Cri du cœur d’un détaillant québécois

Claude Poudrier, ferme les boutiques Globus pour cause de faillite.
Photo Diane Tremblay Claude Poudrier, ferme les boutiques Globus pour cause de faillite.

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L’homme d’affaires Claude Poudrier, qui ferme les boutiques Globus pour cause de faillite, lance un cri du coeur pour l’avenir des détaillants québécois de vêtements.

«Il y a juste de l’intérêt pour le “cheap”. Les gens courent les aubaines. Si tu n’offres pas de 50 % de rabais, tu es un voleur», a partagé jeudi M. Poudrier.

Après 32 ans en affaires, il est contraint de déclarer faillite. Les sept boutiques Globus qui restent fermeront leur porte d’ici le 12 mars. C’est sans compter les cinq boutiques qui ont cessé leurs activités l’automne dernier. Au total, 65 employés perdront leur emploi.

M. Poudrier est convaincu qu’il aurait pu faire une proposition acceptable pour ses créanciers pour relancer la chaîne, mais il préfère jeter l’éponge.

«Il n’y a presque plus de gens qui suivent la mode. Les femmes sont comme les hommes maintenant: elles se vêtissent au meilleur prix. En général, elles sont moins coquettes, moins attirées par la mode. Elles magasinent chez Winners. On aurait pu garder quelques magasins, mais ce n’est plus rentable.»

Tourner la page

Persuadé que les belles années dans le domaine sont derrière lui, à 63 ans, M. Poudrier veut tourner la page et passer à autre chose pendant qu’il est toujours en forme. Pour s’en convaincre, il regarde les déboires qu’ont connus Les Ailes de la Mode, le Groupe Vagabond, L’Ensemblier, Jacob, Parasuco et les autres. Selon lui, le scénario n’a pas fini de se répéter.

«On sait qu’il y en a beaucoup qui s’en viennent et ce ne sont pas des petits. Pour nous, je n’aurais jamais pensé qu’on en arriverait là. C’est la dernière année qui a tout précipité. Les ventes ont diminué. Les coûts ont augmenté. ll y a de multiples raisons, mais ce n’est pas vrai qu’il faut tout mettre sur le dos d’internet.»

M. Poudrier ne voulait pas céder ce «cadeau de Grec» à ses enfants qui travaillent avec lui.

«C’est plus drôle. Les gens pensent qu’ils ont tous les droits. Ils ne veulent plus seulement un échange ou un remboursement. On reçoit des menaces. Les gens sont très nerveux.»

L’entreprise s’est placée sous la protection de la Loi sur les faillites et l’insolvabilité le 12 novembre dernier. Malgré les délais qu’elle a obtenus et la fermeture de cinq boutiques en 2014, les choses ne se sont pas améliorées.