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Le gouvernement est son propre ennemi, dit la CAQ

Éric Caire
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

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«Le premier ennemi du gouvernement» en informatique, «c’est le gouvernement lui-même», peste Éric Caire de la CAQ.

Le député a réagi à notre reportage de jeudi exposant que le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles a versé 10 millions de dollars pour seulement une vingtaine de consultants informatiques qui travaillent depuis plus de trois ans à même ses bureaux.

Un consultant, qui doit servir un besoin ponctuel, travaille même dans les bureaux du ministère depuis six ans et a coûté près d’un million de dollars, a-t-on aussi révélé. Le ministère compte près de 200 consultants privés en technologie de l’information.

«Ce qui est particulièrement percutant dans le reportage, c’est que le porte-parole du ministère mentionne que celui-ci n’a pas le choix de faire appel aux consultants privés en raison du gel d’embauche», explique le caquiste.

Le porte-parole du ministère nous a mentionné initialement que la «rareté de la main-d’œuvre et la difficulté à recruter dans le secteur» justifiaient le recours à ce nombre important de consultants privés.

Questionné à savoir si le gel d’embauche contribuait à ce recours continuel au privé, le porte-parole nous a répondu : «il faut continuer à offrir les services, mais il faut continuer d’avoir du monde pour le faire».

C’est ce qui renverse Éric Caire. «Le porte-parole d’un ministère dit noir sur blanc qu’il est incapable de se bâtir une expertise et que les entraves du gouvernement ont pour effet de le mettre dans une situation où il est à la merci des consultants», raconte-t-il.

«Coup de poing»

« C’est majeur, c’est un coup de poing. C’est aussi gros que Sam Hamad qui est allé manifester contre la hausse de taxe à Saint-Augustin».

Suggérant au gouvernement d’augmenter le salaire des fonctionnaires en informatique, Éric Caire explique qu’«en plus de ne pas être capable de leur offrir des conditions, le gouvernement ne peut pas même leur offrir du travail».

« Là ce n’est pas un député de l’opposition qui le dit, c’est le porte-parole d’un ministère», poursuit-il.

Concernant la rareté de la main-d’œuvre invoquée par le ministère pour se justifier de recruter des consultants privés, le député réplique que c’est faux. « Il y en a des ressources. C’est qu’ils ne veulent pas travailler pour le gouvernement et ils vont au privé».

Augmenter le salaire des fonctionnaires, mettre fin au gel d’embauche, développer l’expertise à l’interne ; la CAQ serait-elle en train de défendre des mesures de gauche dans ce dossier ?

« Non, c’est qu’on ne veut pas nier les réalités du marché. Il y a des quarts d’emplois où les salaires sont parfaitement ajustés, où les conditions d’embauches sont concurrentielles et le gel d’embauche est tout à fait justifié (...) Mais il y a des quarts d’emploi, on le voit en informatique, où la main d’œuvre est insuffisante et manque de qualification. Mais là, le gouvernement fait du mur-à-mur», déplore-t-il.