/news/politics
Navigation

Le ministre Arcand demande des changements

Energie, Pierre Arcand
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

La dépendance du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles envers les consultants privés spécialisés en informatique est une «situation qui doit changer», déplore sans détour le ministre Pierre Arcand.

Ce dernier réagissait à notre reportage de jeudi exposant le fait que son ministère a versé 10 millions de dollars pour seulement une vingtaine de consultants en informatique qui travaillent depuis plus de trois ans à même ses bureaux.

Un consultant, qui doit répondre à des besoins ponctuels, travaille même dans les bureaux du ministère depuis six ans et a coûté près d’un million de dollars, a-t-on aussi révélé. Le ministère compte 192 consultants privés en informatique.

Se disant «très sensible à la problématique des consultants externes», le ministre a proposé «un plan afin de réduire ce nombre de consultants, mais surtout pour s’assurer de renforcer l’expertise que nous avons au ministère», a-t-il expliqué par l’entremise de son attachée de presse.

«Il est normal de recourir à des consultants pour certaines tâches spécifiques, mais nous souhaitons réduire cela autant que possible. La levée du gel d’embauche de la fonction publique annoncée par Martin Coiteux va nous aider en ce sens», a poursuivi le ministre, rappelant que le gouvernement veut réduire «de façon significative la dépendance contractuelle».

Être son propre ennemi

Pour sa part, le député de la CAQ Éric Caire évalue que «le premier ennemi du gouvernement» en informatique, «c’est le gouvernement lui-même».

«Ce qui est particulièrement percutant dans le reportage, c’est que le porte-parole du ministère mentionne que celui-ci n’a pas le choix de faire appel aux consultants privés en raison du gel d’embauche», explique le caquiste.

«Le porte-parole d’un ministère dit noir sur blanc qu’il est incapable de se bâtir une expertise et que les entraves du gouvernement ont pour effet de le mettre dans une situation où il est à la merci des consultants», raconte-t-il.

Concernant la rareté de la main-d’œuvre évoquée par le ministère pour se justifier de recruter des consultants privés, le député réplique que c’est faux. «Il y en a, des ressources. C’est qu’ils ne veulent pas travailler pour le gouvernement et ils vont au privé.»

Le PQ et les architectes

Le chef intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, blâme les libéraux pour la très grande fréquence de la sous-traitance. «On a intérêt au Québec à avoir une fonction publique compétente, et les choix du gouvernement libéral pendant des années ont eu un impact sur la perte d’expertise», a-t-il réagi.

«Malheureusement, certains ministères vont payer plus cher pour avoir la même expertise ou parfois une expertise inférieure [...] Les libéraux sont les architectes de la destruction de l’expertise au Centre des services partagés du Québec, et c’est ce qui a mené à l’arrivée de la sous-traitance aux Ressources naturelles.»