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Plus que des familles d’accueil

Plus que des familles d’accueil

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Le succès du Tournoi international de hockey pee-wee repose beaucoup sur les épaules de ses bénévoles, qui n’hésitent pas à offrir de leur temps. Certains offrent même un toit aux joueurs arrivant de l’extérieur. De belles histoires y sont nées.

 

Le choc des cultures
Plus que des familles d’accueil

Paraît que la valeur n’attend pas le nombre des années. Chose certaine, cette maxime s’applique parfaitement à Sophie Picard qui héberge depuis plus de 20 ans de jeunes hockeyeurs.

«J’ai commencé à m’impliquer à 11 ans lorsque mes parents ont accueilli leurs premiers joueurs. Il y en a même un qui avait essayé de m’embrasser», se souvient cette gestionnaire de la santé à la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador.

À 18 ans, elle vient en aide à une dame âgée qui avait besoin d’un coup de main pour héberger les jeunes pee-wee. L’aventure se poursuit toujours en collaboration avec son conjoint Steve Pelchat. Ce qui maintient son désir de continuer est sans contredit le choc culturel qui enrichit chaque année les familles d’accueil, les joueurs hébergés et leurs accompagnateurs.

«J’ai appris l’anglais au fil des ans en recevant de jeunes Américains, ce qui me permet de gagner ma vie dans les deux langues. Les jeunes qui viennent chez nous découvrent, entre autres, la viande de gibier et certains autres aspects de notre culture», explique Sophie Picard.

Responsable des Bobcats de Phoenix depuis plusieurs années, elle assure que le plus gros choc culturel pour ces jeunes qui vivent au soleil toute l’année demeure lorsqu’ils se rendent à un match de hockey en... motoneige!

 

Une tradition de mère en fils
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Comme Obélix, Mario Caviola est tombé très jeune dans la marmite du tournoi pee-wee. Lorsqu’il a joué au Colisée comme joueur en 1967 et 1968, il était loin de se douter que l’aventure se poursuivrait quelques années plus tard. Faut savoir que sa mère, Pierrette Marcotte-Caviola, est engagée depuis 55 ans comme bénévole. Il y a 20 ans, quand elle lui demanda d’assurer la relève à titre de famille d’accueil, fiston n’a pas hésité à reprendre le flambeau en compagnie de sa conjointe, Karine Angers.

«Tant pour les capitaines que les familles d’accueil, le soutien offert par Yvon et Odette Pelletier fait en sorte que les gens renouvellent leur engagement. C’est comme une famille élargie et chaque année, ça ressemble à de belles retrouvailles», raconte cet esthéticien automobile pour le compte de Bernières Automobiles.

Cette attitude fait en sorte que les familles d’accueil ne voient pas les années filer. «On ne vieillit pas, on rajeunit. C’est pour ça qu’on ne lâche pas», poursuit-il en ajoutant que malgré ses 83 ans, sa mère est toujours active au sein du tournoi.

 

Pour la culture, la poutine et le club sandwich!
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Quand on aime on a toujours vingt ans. Ce titre de Jean-Pierre Ferland résume bien l’histoire d’amour entre Sylvie Rouleau, son conjoint Denis Bussière, et l’équipe LSA de Suisse. Ça fait vingt ans que le sympathique couple héberge des jeunes de Suisse et la passion est toujours présente.

«Ça ne se décrit pas, ça se vit. Quand nous avons décidé d’embarquer comme famille d’accueil, c’était pour vivre une culture européenne. Nous nous faisons également un devoir de prendre soin des parents de ces jeunes. En quelque sorte, nous avons un rôle d’ambassadeurs», estime Sylvie Rousseau.

«Ça nous permet de redécouvrir notre ville, notre patrimoine, en compagnie des jeunes et de leurs parents. Mais je leur fais découvrir aussi la poutine et le club sandwich», dit-elle en riant, tout en ajoutant qu’elle passe la semaine dans la cuisine pour sustenter cette marmaille en pleine croissance. «Une année, j’ai fait 50 crêpes pour 5 enfants. Et un pot de beurre d’arachides n’a pas une espérance de vie trop longue», raconte-t-elle, en riant de bon cœur.

Mais année après année, son club sandwich demeure sans contredit la révélation auprès de ses jeunes invités. Lorsque les parents dégustent son club, il y a toujours un visiteur qui adresse à sa conjointe la même phrase : «Colette, perds pas la recette».

 

1000 joueurs à loger
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Le tournoi pee-wee de Québec est le plus prestigieux tournoi du genre au monde. Cette réputation s’est bâtie au fil des ans en raison de la qualité exceptionnelle de centaines de bénévoles fourmillant dans les entrailles du Colisée. L’engagement volontaire de ces gens permet aux hockeyeurs et aux visiteurs de vivre une expérience inoubliable.

L’un des secteurs névralgiques du tournoi demeure le comité d’hébergement. Bon an mal an, ce comité, dirigé depuis 15 ans par Yvon et Odette Pelletier, compte sur la collaboration de 430 à 450 familles pour héberger en moyenne 47 équipes. Ce qui représente près de 1 000 jeunes à qui il faut trouver une famille d’accueil qui lui fournira un encadrement chaleureux, une chambre et un lit, le petit déjeuner et assurer le transport matin et soir. Mandat que personne ne prend à la légère!

Pourtant, le désir de relever ce défi annuel est toujours omniprésent chez ce couple de Charlesbourg qui fait partie intégrante de la petite histoire du tournoi pee-wee. «Ça fait 29 ans que nous sommes engagés dans ce tournoi. Après 14 ans comme famille d’accueil, on nous a demandé de nous charger du comité d’hébergement à deux jours de la réunion des capitaines», se remémore Yvon Pelletier, admettant qu’il ne savait pas dans quelle galère il s’embarquait avec sa conjointe.

 

Des amitiés qui n’ont pas de prix
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Christian Bilodeau joue le double rôle de capitaine et de famille d’accueil depuis 13 ans. Préposé aux bénéficiaires à l’urgence de l’Enfant-Jésus, il est habitué de composer avec des situations commandant de l’empathie et une rapidité d’exécution. Lorsqu’en octobre dernier, Benoit Hogue lui a téléphoné de New York pour lui demander une faveur, Bilodeau a été surpris, mais pas désemparé face à la demande de l’ex-joueur de Buffalo, Dallas et des Islanders.

«Je m’occupe depuis plusieurs années des Stars de Long Island. Mais cette année, Benoit m’a demandé si je pouvais m’occuper de deux équipes. Gérer deux équipes c’est gérer 150 personnes. Pas évident! Mais grâce à la collaboration de mon bras droit, Sébastien Côté, et de mon réseau de contacts, on s’est mis au téléphone dès le mois d’octobre et on a réussi à trouver 14 familles en six jours», explique fièrement Bilodeau.

Ce dernier se fait un point d’honneur de remettre à chacune de ses familles d’accueil un dossier complet sur chacun des jeunes qui passeront une dizaine de jours dans leur résidence. Un document à faire rougir le FBI!

«J’ai commencé à accueillir des pee-wee parce que je voulais aider mes enfants à devenir bilingues. Mais la plus grande satisfaction qu’on en tire, ce sont les nouvelles connaissances que nous faisons chaque année. Avoir des amis, ça n’a pas de prix. Par exemple, quand je vais dans les arénas en Ontario, c’est sûr que je vais tomber sur quelqu’un qui me connaît».

 

Des vacances au Colisée
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Plusieurs profitent du mois de février pour voyager vers une destination soleil. Depuis vingt ans, Germain Simard prend lui aussi ses vacances en février... au Colisée de Québec! Avec sa conjointe, Lucine Bouchard, le couple de Beauport héberge deux joueurs des Foreurs de Val-d'Or depuis le début de leur association avec le tournoi.

«Février est pour moi le plus beau mois de l’année. J’ai toujours la même hâte, le même plaisir, à les recevoir et à suivre leurs matchs», avoue sans détour ce camionneur de carrière. À l’époque, Lucine et Germain quittaient Sacré-Cœur chaque année pour assister au tournoi pee-wee. Un été, au cours d’une visite à Expo-Québec, ils se sont arrêtés au kiosque d’info du tournoi et ce fut le coup de foudre. Le hasard a fait que le déménagement de Sacré-Cœur vers la vieille capitale n’a été qu’une question de temps.

Pour ces passionnés, les joueurs de Val-d'Or ont agrémenté leur quotidien chaque année. «Les Foreurs ont une équipe très disciplinée. Comme tous les jeunes de cet âge, ils sont parfois malcommodes, mais ils demeurent toujours polis. Nous sommes vraiment chanceux d’accueillir des jeunes bien élevés», de dire Lucine Bouchard.

 

Un soutien «inestimable»
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Pour le directeur général du tournoi, Patrick Dom, l’engagement des familles d’accueil permet à son organisation de se démarquer en offrant une expérience de vie inoubliable aux jeunes hockeyeurs. «C’est près de 1000 jeunes qu’il faut loger. Imagine, sans familles d’accueil, s’il fallait louer des chambres d’hôtel. En occupation double ça représente 500 chambres à un prix moyen de 100 $ la nuitée. As-tu pensé combien ça pourrait coûter», réfléchit à voix haute Dom, n’osant pas aller plus loin en imaginant une éventuelle facture.

Je vais le faire pour lui. Pas compliqué, 500 chambres x 100 $, ça donne 500 000 $. En moyenne, les jeunes vont passer au bas mot 4 nuitées. Facture finale : 2 000 000 $! Money talks! Voilà pourquoi Patrick Dom ne tarit pas d’éloges à l’endroit des familles d’accueil. «Leur soutien est inestimable. Elles font partie de la tradition du tournoi depuis 56 ans. Nous sommes privilégiés d’avoir d’aussi bonnes personnes pour s’occuper de nos jeunes visiteurs, qui en dix jours vont nouer des liens qui dureront toute leur vie», d’ajouter Patrick Dom.