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Une ville de petits chiens battus

Un groupe de Las Vegas a réalisé cette semaine une vente virtuelle d’abonnements afin de savoir si la LNH peut occuper cette ville que les ligues majeures redoutent.
photo d’archives, karine gagnon Un groupe de Las Vegas a réalisé cette semaine une vente virtuelle d’abonnements afin de savoir si la LNH peut occuper cette ville que les ligues majeures redoutent.

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Québec a regagné de la vitalité depuis son 400e anniversaire en 2008. Elle démontre du dynamisme. Mais des années à se sentir inférieure et incapable de grandes réalisations ont laissé des traces.

La construction de l’amphithéâtre et, particulièrement, les tractations dans le dossier du retour des Nordiques nous rappellent qu’un pourcentage élevé de citoyens se sont longtemps comportés en petits chiens effarouchés dès qu’un molosse entrait dans le chenil, la bave coulant au museau.

Ils baissent la tête et se déplacent la queue entre les jambes. Ces mignons petits chiens se mettent à trembler. Dès que le gros vilain cabot jappe ou dévoile sa dentition, ils courent se mettre à l’abri dans une niche trop basse pour Marmaduke. Ils lui cèdent le terrain.

Ce scénario s’est répété cette semaine, à l’occasion de la vente virtuelle d’abonnements qu’un groupe de Las Vegas mène afin de savoir si la LNH peut occuper cette ville que les ligues majeures redoutent. Encore plus effrayant, le propriétaire du méchant clébard, un dénommé Gary Bettman, le tenait en laisse devant les caméras du Nevada.

Comparaisons perdantes

Québec a alors perdu tous ses moyens. Les forums de discussion ont été noircis par des commentaires pessimistes et inutilement agressifs. L’amphithéâtre deviendra un éléphant blanc; la population, trop pauvre, sera incapable de se payer des billets de spectacles.

Pourtant, nombreux sont les Québécois à se rendre au Centre Bell pour des spectacles. J’en connais même qui roulent jusqu’à Ottawa et Boston pour des artistes qu’ils tiennent absolument à voir sur scène.

Pire encore, Québec ne reverra jamais la Ligue nationale. Wiser, la Patate, Pitou Labotte (le véritable Pitou a tellement réalisé de grandes choses), Machine Gun et autant de braves incapables de s’identifier sur les forums l’affirment. J’agirais comme eux si je tenais les mêmes propos. Je me cacherais.

Grattez un peu et vous découvrirez rapidement qu’ils viennent de Montréal et portent un chandail ou la casquette du Canadien. En fond d’écran de leur ordi, c’est une photo de Carey Price, P. K. Subban ou un autre joueur des Glorieux.

Ces intervenants s’empressent de parler des hôtels à Las Vegas, des restos, etc. Ils ne comprennent pas que cette ville ne se compare à aucune autre aux États-Unis et à très peu dans le monde. Ils n’y ont probablement jamais mis les pieds. Pour eux, Las Vegas, c’est ce qu’ils voient dans les films. Dans le jeu des comparaisons, l’autre ville est déclarée perdante automatiquement.

Ce ne sont pas les hôtels, les restos et les autres événements qui font d’une ville un marché de hockey. C’est la passion des amateurs pour ce sport, le taux élevé de la population qui est prêt à faire du hockey son premier choix de sortie.

Doit-on rappeler à ces dénigreurs que la LNH a existé pendant 16 ans à Québec et que ce n’est pas une question financière qui a chassé les Nordiques de la capitale, mais l’incapacité pour les propriétaires, dont Marcel Aubut, à obtenir l’assurance d’un nouvel amphithéâtre? C’est aussi ce qui a forcé le déménagement de Winnipeg (la première fois) et Hartford.

Allez jeter un coup d’œil à Winnipeg, Calgary, Edmonton, Kanata...oups... Ottawa, Columbus, Buffalo (elle pourrait servir de lieu de tournage pour un film sur l’Afghanistan) et Nashville, et vous verrez des villes qui se comparent à Québec. Et cette dernière ne serait pas perdante.

Restons calmes

Le caillou dans la mare à Las Vegas ne change pas la situation de Québec, si ce n’est que l’arrivée de la «Strip» et de sa banlieue améliorerait sa position. Il y a un recul de deux équipes à combler dans l’Ouest. On l’oublie trop facilement. Quand la ligue a procédé au réalignement des équipes, il a bien été dit que ce changement s’avérait temporaire. Qu’il serait restructuré.

Qu’on cesse de paniquer continuellement et d’écrire que le dossier est clos. On dénigre le marché de Québec, qui compte sur des appuis parmi les propriétaires du circuit.

Je le répète: ces négociations se tiennent au-dessus de nos têtes. Personne ne possède les données pour tirer des conclusions définitives. Ils peuvent toutefois le prétendre. Les petits chiens ne sont pas toujours dévorés par les molosses.