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Sentence de Yalda Khadir: des «pour» et des «contre»

Sentence de Yalda Khadir: des «pour» et des «contre»
Photo Agence QMI, Martin Alarie

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Mes sentiments sont partagés aujourd’hui sur la sentence qui a été donnée à l’étudiante Yalda Machouf-Khadir, qui a participé à des saccages lors du printemps étudiant en 2012. La fille du député Amir Khadir a obtenu l’absolution conditionnelle. Concrètement, ça veut dire qu’elle n’a pas de casier judiciaire, donc pas de bâtons dans les roues pour devenir avocate comme elle le souhaite et pour voyager. Par contre, les gestes criminels qu’elle a commis ne sont pas impunis totalement. Elle devra effectuer 240 heures de travaux communautaires et elle sera soumise à une probation de trois ans.

Pour une partie de la population, cette sentence est beaucoup trop faible et injuste. Certains sont persuadés que si cette jeune femme n’avait pas été la fille d’un député et d’un médecin, elle aurait eu un casier criminel ou elle aurait fait de la prison ferme. Pourtant, il n’est pas rare de voir ce type de sentence accordé à des jeunes adultes sans antécédent judiciaire dont la carrière risque d’être compromise pour un crime jugé mineur. D’ailleurs, même la Couronne ne demandait pas une peine de prison, mais plutôt une sentence suspendue avec probation de deux ans et le même nombre d’heures de travaux communautaires.

Je ne m’en cache pas, j'étais contre le printemps érable. J’estime que la hausse des frais de scolarité était acceptable et justifiée et j‘en avais ras-le-bol des manifestations violentes et du saccage. Toutefois, je pense aussi qu’il y a des limites à vouloir saccager l’avenir de nos jeunes «récupérables» pour un manque de jugement lié à l’immaturité et au mouvement de masse.

Les gestes que Yalda Khadir a commis alors qu’elle avait 19 ans étaient imbéciles et certes condamnables. Elle le reconnait elle-même puisqu’elle a plaidé coupable et elle a exprimé des remords lors des représentations sur sentence. Mais j’estime que le juge a bien fait de lui donner une seconde chance. Son avenir est maintenant entre ses mains. Elle devra prouver qu’elle est responsable, puisqu’elle est sous condition pendant 3 ans. La moindre incartade pourrait lui faire perdre son absolution et par le fait même ses ambitions de devenir avocate.

Par contre, j’aurais aimé qu’on lui fasse payer, par le biais d’un don, une partie des dommages qu’elle a causés en saccageant le bureau de la ministre de l'Éducation et ses actes de vandalisme au cégep du Vieux-Montréal et à l’Université de Montréal. Je n’ai pas de problème à ce qu’une partie de mes impôts subventionne en partie les études de nos jeunes, mais il y a des limites à devoir payer en plus pour leurs gestes de vandalisme.

J’aurais aimé aussi qu’elle adopte un ton beaucoup plus repentant lorsqu’elle a quitté la cour après avoir reçu sa sentence, qu‘elle prenne le temps de s‘excuser devant les caméras. Malheureusement, elle avait plutôt le ton d’une militante fière de sa victoire. Mais je le répète, son avenir est maintenant entre ses mains. Je ne pense pas que le juge sera aussi conciliant si les mêmes gestes se reproduisent.