/misc
Navigation

Falun, me voici

Coup d'oeil sur cet article

Voilà, j’attaque jeudi l’épisode le plus important de ma saison avec les championnats mondiaux à Falun, en Suède.

Dès notre arrivée, lundi, on pouvait déjà percevoir l’ambiance qu’il y aura ici. Tout commence à se dévoiler, dont l’équipe norvégienne qui est débarquée avec sa nouvelle collection de vêtements. J’ai l’impression que l’ampleur de ces championnats va ressembler à ceux d’Oslo en 2011. Peu importe où en Scandinavie, c’est toujours la grosse affaire.

C’est tout petit, Falun. Et même si ça se trouve à deux heures et demie de route de Stockholm, les spectateurs devraient s’amener en grand nombre. Les Suédois sont fanatiques des sports nordiques. C’est dans leur culture.

Chaque fois qu’on est venu ici pour les finales de la Coupe du monde, c’était bondé le long du parcours. Les gens font du camping et allument des feux. Jusqu’à cinq kilomètres du stade, enfoncés dans les bois, ils apportent des génératrices pour y brancher des boîtes de son. La musique joue à tue-tête.

Toutes sortes de skieurs !

Ils ont construit un nouveau stade pour l’événement. C’est très bien. Depuis les estrades, on peut voir le parcours de sprint au complet. De grosses roches ont été déposées à quelques endroits pour créer un décor naturel. C’est surprenant, mais il y a plus de neige qu’à l’habitude, ce qui devrait donner de belles images pour la télé.

Après l’accréditation, j’ai eu la chance de tester tous les parcours, durant la journée de lundi. Et qui dit championnats du monde dit aussi la participation de nations exotiques.

C’est drôle parce que tous les skieurs réguliers de la Coupe du monde sont là, évidemment, mais il y a aussi ceux des pays comme l’Iran et le Liban, entre autres. Ils devront passer par une épreuve de qualification aujourd’hui, mais entre-temps, ils ont droit d’utiliser le parcours comme n’importe qui. On voit qu’ils n’ont pas fait beaucoup de ski de fond dans leur vie. Au bas d’une descente, j’ai été surpris par un skieur étendu de tout son long et qui occupait toute la piste! Ça fait partie de l’ambiance, ça aussi.

Pour Anthony

Malgré toute cette fébrilité, il faut savoir remettre les choses en perspective. Nous avons appris le décès d’Anthony Laroche, vendredi dernier, qui a perdu son combat contre la leucémie. Anthony avait été un coéquipier au Centre d’entraînement Pierre Harvey. Il était tout naturel pour moi que de lui dédier ma médaille d’argent gagnée au sprint de samedi à Oestersund.

Il s’était bien battu, tellement qu’il avait repris du mieux avant les Fêtes. Mais son état de santé a dépéri au mois de janvier. Avec mon entraîneur Louis Bouchard, on est impuissant à se dire qu’il n’est déjà plus sur notre planète.

C’est fou.

— Propos recueillis par Alain Bergeron