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Après trois deuils, elle écrit un livre sur la vie

Publié chez Les éditions première chance, Les Clés du deuil est disponible auprès de l’auteure audree_jade@hotmail.com
Photo Josée Hamelin Publié chez Les éditions première chance, Les Clés du deuil est disponible auprès de l’auteure audree_jade@hotmail.com

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SAINTE-JULIE |Après avoir perdu trois êtres chers, une jeune femme veut montrer qu’il est possible de surmonter ses deuils.

En 2008, Audrée-Jade Carignan a perdu son père alors qu’il n’avait que 47 ans. «Il est mort subitement, d’un problème cardiaque dont on ignorait l’existence», relate-t-elle. Six mois plus tard, son frère s’est enlevé la vie.

«Il avait une relation particulière avec mon père, et finalement, je crois que l’un n’allait pas sans l’autre.»

Trois ans plus tard, alors qu’elle attendait des jumeaux, sa fille est décédée. «On a dû procéder à une interruption de grossesse, parce qu’elle ne se développait plus et qu’elle aurait été lourdement handicapée.» Par contre, elle a dû la porter morte, jusqu’à 37 semaine pour ne pas nuire à son fils.

À l’accouchement, elle n’a pas voulu la voir pour que la naissance de son garçon demeure positive. «J’ai tassé ce deuil, mais 18 mois plus  tard, il m’a rattrapée.»

«J’avais l’impression de porter 15 000 tonnes sur mon dos, confie-t-elle. C’est comme si je gardais tous ces morts accrochés à moi.»

Dans le cas de sa fille, la laisser partir voulait dire l’abandonner une deuxième fois puisqu’elle se sentait coupable d’avoir autorisé l’interruption de grossesse.

Audrée-Jade Carignan
Après avoir perdu trois êtres chers, une jeune femme veut prouver que la vie peut être douce et belle
Photo Josée Hamelin
Après avoir perdu trois êtres chers, une jeune femme veut prouver que la vie peut être douce et belle

Un livre comme thérapie

Elle dit que la spiritualité l’a aidée à traverser cette épreuve. «Les références à Dieu me rendaient mal à l’aise, mais je devais me poser des questions sur la vie après la mort.»

La philosophie bouddhiste, qui parle du cheminement de l’âme, lui a permis de trouver des réponses. Ensuite, elle a pu laisser partir ses morts.

Pour cette mère de Sainte-Julie, l’idée d’un troisième bébé a germé en même temps que celle d’un livre sur le deuil: «Je voulais me prouver que la vie peut encore être douce et belle.»

Ensuite, les choses se sont enchaînées. Elle a reçu une réponse positive d’une maison d’édition le jour de sa fête et, à quelques jours de Noël, elle recevait les premières copies de son livre. Quant à son troisième fils, il est né, il y a quelques jours.
Encore aujourd’hui, pas une journée ne passe sans qu’Audrée-Jade ne pense à ses proches décédés. Toutefois, elle est passée du mode survie au mode acceptation.

«Au début, je vivais comme si chaque journée était la dernière, mais je n’aimais pas attendre constamment le prochain malheur alors je préfère penser que la mort va me donner une pause.»