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Le Phare de Québec

Le sommet de l’édifice, qui ressemble au mât d’un voilier, est un beau rappel de notre histoire

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J’ai été impressionnée cette semaine lorsque j’ai vu la vidéo de présentation du Phare de Québec, ce projet de gratte-ciel de 65 étages du Groupe Dallaire qui serait érigé sur le site de l’ancienne Auberge des Gouverneurs sur le boulevard Laurier à Sainte-Foy. Je garde le conditionnel puisque, malgré mon enthousiasme, j’ai l’impression que certains changements seront nécessaires pour apaiser les critiques.

Les sceptiques seront confondus

Je dois l’avouer, au départ, lorsque j’ai entendu parler de cette nouvelle, j’étais sceptique. Je n’arrivais pas à m’imaginer quelque chose d’aussi haut à Québec tout en étant beau. J’étais convaincue qu’un tel immeuble masquerait l’image de notre belle Vieille Capitale. J’avais donc hâte, tout en étant craintive, de voir les esquisses. Mais l’effet WOW! a été instantané.

Le Phare de Québec, qui surplombe le fleuve à deux pas des ponts, porte très bien son nom. Le sommet de l’édifice, qui ressemble au mât d’un voilier, est un beau rappel de notre histoire. C’est une belle façon de faire le lien entre le Vieux-Québec et la ville moderne. Et, étant donné qu’il y aura trois autres tours d’environ 30 étages juste à côté, le gratte-ciel aura moins l’air de sortir de nulle part, ce qui était une de mes craintes. Évidemment, je ne suis pas architecte, je me prononce en tant que simple observatrice qui prend plaisir à admirer les œuvres architecturales.

Un promoteur aux reins solides

Je suis également impressionnée par l’audace du promoteur. Je ne me souviens pas d’avoir déjà annoncé un aussi gros projet provenant à 100 % du privé. Six cents millions de dollars, c’est 200 millions de plus que le prix de l’amphithéâtre payé par le public. Pour construire un tel projet, il faut avoir les reins solides et des nerfs d’acier. Mais Michel Dallaire, qui connaît très bien le marché de Québec, semble sûr de lui. Il est convaincu et convaincant, mais il devra aussi se montrer rassurant.

Les craintes

Son projet de gratte-ciel dépasse de plus de 30 étages le type de constructions acceptées dans ce secteur. Il y a donc des craintes dans la population, dont certaines que je partage. L’impact sur la circulation en est une puisque le secteur est déjà très congestionné. J’ose espérer que les plans de mobilité durable qui seront présentés bientôt sauront nous rassurer. Et il y a aussi l’impact sur l’immobilier de Québec. Je ne voudrais pas que ce projet déshabille les autres quartiers de la ville.

Les citoyens seront certainement nombreux à se faire entendre lors des consultations publiques. J’aimerais que les critiques soient constructives et non seulement «du chialage politique» pour miner la crédibilité du maire, qui est emballé par ce projet privé qui aura un impact majeur sur l’économie de Québec. Michel Dallaire se dit prêt à faire des compromis. Je ne serais pas surprise que le nombre d’étages soit revu à la baisse. J’ai même l’impression qu’il en a mis plus que moins pour s’assurer qu’après avoir fait quelques compromis, il puisse encore avoir le plus haut édifice à l’est de Toronto, qui en ce moment est de 51 étages.