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Les employés maintenant privés d’aller aux toilettes dans les Tim Hortons syndiqués de Sept-Îles

Tim Hortons de Sept-Îles
Photo Émy-Jane Déry Les relations entre l’employeur et les travailleurs se seraient grandement dégradées aux Tim Hortons de Sept-Îles, depuis que les établissements ont obtenu leur accréditation syndicale.

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Les travailleurs des Tim Hortons de Sept-Îles sont victimes d’intimidation de la part de l’employeur depuis l’obtention d’accréditations syndicales dans les quatre succursales de Sept-Îles, affirme le syndicat des Métallos, alors que les employés n’auraient même plus le droit de boire de l’eau et d’aller aux toilettes.

«Je n’ai jamais vu ça moi. Je représente 1400 travailleurs sur la Côte-Nord et c’est la pire chose que je n’ai jamais vue. C’est vraiment intense», a lancé d’emblée au Journal Nelson Breton, président de la section locale 7065 des Métallos. Les quatre Tim Hortons de Sept-Îles ont obtenu leur accréditation syndicale auprès de la Commission des relations du travail, il y a quelques semaines. Le syndicat des Métallos affirme que depuis, un «climat de terreur» règne au sein des restaurants.

L’employeur irait jusqu’à empêcher les travailleurs d’aller aux toilettes et de boire de l’eau sur leur temps de travail. «Tu ne vas pas à la toilette, tu vas attendre à ton« break», qu’ils se font dire. Ça ne marche pas de même, c’est un besoin essentiel. Quand t’es rendu à faire ça, t’es bas comme employeur», a scandé M Breton. L’organisation avance aussi qu’une travailleuse enceinte aurait été congédiée sous prétexte qu’elle ne répondait plus aux exigences, une semaine après qu’elle eut avisé l’employeur de sa grossesse.

Des plaintes ont été déposées à la CRT contre la propriétaire de deux des établissements pour ingérence dans les affaires syndicales et modification des conditions de travail après une requête en accréditation.

Le conjoint de la propriétaire président du syndicat?

Lors de la première assemblée générale tenue jeudi dernier, le conjoint de la propriétaire s’est présenté pour obtenir le poste de président du syndicat. «On lui a demandé de quitter la salle, que ce serait mieux pour tout le monde...Ça ne finissait plus», a raconté M Breton, qui interprète la situation comme un grave manque de respect pour les travailleurs.

Le conjoint de la propriétaire, qui possède sa propre entreprise selon le syndicat, a été engagé comme cuisinier après le dépôt de la requête en accréditation et n’effectuerait que très peu d’heures. «On trouve ça bizarre, parce qu’il a déjà une entreprise à lui. Il prétend qu’il paie des cotisations et qu’il a le droit, mais où est la démocratie?», s’est-il questionné.

Sa présence rendrait les travailleurs mal à l’aise de s’exprimer. «On ne laissera pas ça faire, ça empêche les travailleurs de parler à l’assemblée. Pour nous, c’est carrément de l’intimidation. Tu vois le visage des gens dans la salle, ils n’osent même pas parler, parce que je vais vous dire, les avis disciplinaires, ça n’arrête pas une minute depuis qu’on a été accrédité», a affirmé le président de la section locale. Des procédures juridiques pourraient être enclenchées par le syndicat dans ce dossier.

Jointe au bout du fil par Le Journal, la propriétaire des Tim Hortons visés, Sonia Ringuette, a refusé de commenter la situation.