/opinion/blogs
Navigation

Bill O’Reilly, l’arroseur arrosé!

The Hollywood Reporter 35 Most Powerful People In Media Celebration
AFP

Coup d'oeil sur cet article

Deux semaines après la suspension pour 6 mois du chef d’antenne de NBC Brian Williams pour avoir menti sur sa présence dans un hélicoptère sous attaque pendant le conflit en Irak en 2003, voilà que le très influent commentateur et tête d’affiche numéro un de Fox News, Bill O’Reilly, se retrouve sur la sellette pour avoir exagéré une histoire de guerre survenue il y a plus de 30 ans.


D’anciens collègues d’O’Reilly, à l’époque où il était correspondant pour le très prestigieux réseau CBS, sortent sur la place pour accuser l’actuel animateur de« The O’Reilly Factor », l’émission la plus écoutée de Fox News, d’être rien de moins qu’un menteur.


Dans ses mémoires publiées en 2001, O’Reilly a raconté avoir été reporter « sur le terrain dans des zones de guerre actives » aux Malouines, en 1982. Dans un éditorial publié en 2004, il a écrit avoir « survécu à une situation de combat en Argentine ». Sur Fox News en 2013, il en a rajouté, affirmant qu’en couvrant la guerre dans les Malouines, il avait « trainé un caméraman qui saignait de l’oreille jusque dans un endroit sécuritaire, alors qu’ils étaient pourchassés par l’armée argentine »...


Or, voilà qu’un journaliste en poste pour CBS avec O’Reilly à Buenos Aires en 1982 apporte un sérieux bémol à ses histoires... Eric Engberg affirme que la situation là-bas « n’était pas une zone de guerre, loin de là ». Il ajoute que ni lui ni d’autres collègues de l’époque ne se souviennent d’un incident dangereux impliquant un caméraman blessé.


O’Reilly « a fait preuve d’une volonté de tordre la vérité de façon à inventer un champ de bataille qui n’a jamais existé » a écrit Engberg sur sa page Facebook.


Au cours des derniers jours, six autres anciens collègues de CBS ont contesté la version des faits du deuxième plus influent porte-étendard de la droite conservatrice aux États-Unis après Rush Limbaugh. Fidèle à son style « coup de poing », O’Reilly a qualifié ces allégations de « conneries » et «  déchets ». Il a même menacé une journaliste du New York Times qui a couvert la controverse de mettre tout son poids dans la balance pour qu’elle en subisse les conséquences...


C’est bien pour dire... Pas plus tard qu’il y a deux semaines, O’Reilly avait lui-même joint sa voix au concert de critiques contre Brian Williams. Il s’est même permis de lui faire la morale. « Livrer les nouvelles vient avec une grande responsabilité ».


Et faire de l’opinion, ça, ça ne vient pas avec une « certaine » responsabilité ? Alors que cette affaire fait couler beaucoup d’encre actuellement aux États-Unis, j’espère que Bill O’Reilly va goûter à sa propre médecine...