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UberX, taxi, qui est le plus sécuritaire?

UberX, taxi, qui est le plus sécuritaire?
Photo Archives / AFP

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Le président d’Uber au Québec balaie du revers de la main les arguments des chauffeurs de taxi voulant que la sécurité d’UberX soit déficiente et trouve «décevante» la réaction de ces derniers qui ne cherchent selon lui «qu’à protéger leur monopole».

«Au lieu d’essayer de s’améliorer, ils montent toujours aux barricades et partent en guerre contre toute autre solution de transport», que ce soit une navette pour l’aéroport, les Bixis ou l’Écolobus à Québec, déplore Jean-Nicolas Guillemette.

Les taxis protestent
UberX, taxi, qui est le plus sécuritaire?
Photo Pierre-Olivier Fortin


Les taxis manifestent contre UberX depuis lundi avec un foulard jaune dans leurs voitures, la couleur qu’ils associent à la sécurité. Mais l’entreprise californienne a de solides arguments pour affirmer que son service est sécuritaire :

Chauffeurs identifiables... et identifiés

«Quand tu commandes une voiture UberX, t’as l’identité (le prénom) du chauffeur, sa photo, la marque de son véhicule et sa plaque d’immatriculation. Tu sais toujours avec qui t’embarques», assure M. Guillemette.

Mais les chauffeurs de taxi affichent aussi leurs permis, leur photo et leur nom dans le véhicule, ça revient au même? Non, répond-il. «Si un acte malheureux survient, est-ce que tu vas te souvenir du nom du gars et de son numéro? Nous on est capable de retracer toutes les courses faites dans notre système pour une période de cinq ans. Chez les taxis, en cas de plainte, c’est extrêmement difficile de retrouver le coupable.»

Chez Uber, les informations des dernières courses restent enregistrées dans le téléphone de l’utilisateur.

Des courses suivies à la trace

«On peut suivre en temps réel la course. On sait le véhicule est où. Si un malheur arrive, on peut rapidement communiquer avec les autorités. Autant pour le chauffeur que pour l’utilisateur», explique M. Guillemette. De nombreux taxis sont aussi équipés de GPS, mais pas tous, et ce n’est pas obligatoire.

Vérification approfondie d’antécédents

Québec impose depuis le 1er janvier aux compagnies de taxi de vérifier les antécédents criminels des cinq dernières années chez leurs chauffeurs. M. Guillemette répond que son entreprise fait la même chose, mais remonte beaucoup plus loin, c’est-à-dire jusqu’aux 18 ans du chauffeur. L’entreprise vérifie aussi le dossier de conduite et l’état mécanique du véhicule.

Pas d’échange d’argent

Après une course UberX, le montant est débité automatiquement de la carte de crédit de l’utilisateur qu’il a préalablement enregistrée dans l’application. Pas d’échange d’argent, pas de petite caisse dans la voiture, ce qui est la cause de plusieurs conflits, vols ou même agressions dans les taxis.

Mais les taxis traditionnels ne sont pas en manque d’arguments non plus. Avec UberX, «qui est derrière le volant? Qu’est-ce qui arrive en cas d’accident?» demande Félix Tremblay, porte-parole de Taxi Coop à Québec, invitant au passage M. Guillemette à relire la définition de «monopole» puisqu’il y a de la concurrence dans l’industrie du taxi. Dans les voitures de taxis, l’identité complète des chauffeurs est affichée.

Les assurances

Félix Tremblay émet de sérieux doutes sur l’éligibilité à une couverture d’assurance lors d’un transport par UberX puisque le service est clairement illégal au Québec. À preuve, Contrôle routier Québec a déjà saisi sept véhicules. L’Autorité des marchés financiers et le Bureau d’assurance du Canada suggèrent la prudence aux chauffeurs et surtout de vérifier leur couverture auprès de leur assureur. Uber répond que l’entreprise est dotée d’une assurance de 5 millions $ qui couvre les personnes, les voitures et tout ce qu’il y a autour en cas d’accident.

Légal et vérifié

Le taxi est un monde fortement réglementé. Les chauffeurs doivent obtenir un permis spécial, les voitures sont contrôlées et leur pratique surveillée par le Bureau des transports de Contrôle routier Québec. Évidemment, Uber échappe à toute réglementation actuellement, ce qui fait dire à M. Tremblay qu’on doit les croire sur parole. «Ils disent de belles paroles, mais après, on n’a aucune capacité de vérifier ce qu’ils disent».

Des crimes des deux côtés

Uber est banni de la ville de New Delhi, en Inde, à la suite d’allégations voulant qu’un chauffeur ait violé une femme âgée dans la vingtaine. Trois chauffeurs d’Uber sont visés par des allégations d’agressions sexuelles à Boston, deux à Chicago.

On trouve plusieurs exemples du genre dans les médias dans le monde, comme on trouve aussi plusieurs exemples d’agressions commises sur des chauffeurs — qu’on se rappelle le meurtre d’Hygin Veilleux en Beauce —, mais aussi des agressions commises par des chauffeurs.

Une demande d’accès à l’information faite par la radio CJAD a révélé que la police de Montréal a traité 179 plaintes d’agressions sexuelles faites par les chauffeurs de taxi de 2004 à 2014 et que ce nombre a presque triplé entre 2011 (10) et 2014 (27). Les policiers ont pu identifier les suspects dans moins d’un cas sur deux.