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Des Tourments d’amour... qui durent toujours

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TERRE-DE-HAUT, archipel des Saintes (Guadeloupe) | À peine ont-ils posé le pied sur le débarcadère que les visiteurs se mettent en quête de la spécialité de l’île dont font mention tous les guides et documents d’information. Le Tourment d’amour, comme on désigne cette pâtisserie typique, constitue l’une des rares créations artisanales des Saintes.

Certaines vendeuses - elles sont une quinzaine sur l’île - accueillent les visiteurs dès leur descente des bateaux. Les autres se postent à des endroits stratégiques aux abords de ce qui tient lieu de place publique près du bureau d’accueil.

Plusieurs de ces femmes, blanches de peau, comme l’est la majorité de la population de Terre-de-Haut, portent des habits en tissu de madras, une cotonnade aux couleurs vives.

Chacune porte sous le bras un panier en osier contenant leur production du matin, muni d’une affichette précisant le choix de garniture des Tourments d’amour, toujours proposés en paquets de quatre unités.

Le Tourment d’amour est une pâtisserie composée d’un fond de pâte à tarte, garnie à l’origine d’une génoise à la confiture de coco, mais aussi aujourd’hui de goyave, d’ananas ou de banane.

La recette du Tourment d’amour, légalement déposée il y a quelques années, a été apportée à la fin des années 1920 aux Saintes par une Guadeloupéenne qui avait épousé un Saintois. Celle-ci a ensuite transmis son savoir-faire autour d’elle.

L’origine du nom, très évocateur, tient de la légende. Cette appellation serait due à une femme de marin-pêcheur qui s’ennuyait durant les absences de ce dernier. Une chose est sûre: tout comme jadis, cette activité permet aujourd’hui à nombre de femmes et de foyers d’arrondir leurs fins de mois.

Autres spécialités culinaires

Terre-de-Haut compte 1900 habitants, une population qui peut presque tripler durant plusieurs mois de l’année si l’on compte les villégiateurs et les visiteurs d’une journée. Malgré cet afflux de touristes, les produits locaux sont quasi absents des commerces. Seule la boutique du musée du fort Napoléon propose quelques créations locales, dont des accessoires en tissu de madras.

À part les Tourments d’amour, on trouve en vente sur la rue d’autres spécialités culinaires de l’île, dont les traditionnels accras de morue (des beignets à la morue séchée et salée), des feuilletés au poisson ou au lambi (un gros coquillage) ou encore des crêpes saintoises fourrées au poisson.

Certains jours, des personnes s’installent ainsi dans le seul axe très passant de la localité de façon à proposer aux visiteurs et aux villégiateurs de quoi composer leur menu de la journée.

Sur cette île à présent très visitée, on peut se procurer presque chaque jour du poisson frais, dont notamment de la dorade coryphène et du thon, que préparent les pêcheurs eux-mêmes au marché municipal. Un dimanche, on a aussi pu voir un pêcheur arpenter la rue principale avec sa brouette remplie de darnes de dorade.

La production de légumes est quasi nulle sur l’île composée d’une terre aride. Le marché quotidien (sauf le dimanche) est garni de produits que le seul marchand achemine lui-même à l’aide de son propre bateau à partir de Trois-Rivières, en Guadeloupe.

Occasionnellement, des ressortissants de l’île de la Dominique voisine débarquent également avec leur chargement de fruits et de légumes.

Les boutiques de la rue principale de Terre-de-Haut, qui offrent souvenirs et produits artisanaux venant de l’extérieur de l’île, sont exploitées par des Français «métros», installés là avant tout pour faire de l’argent, sans guère d’intégration dans la vie saintoise.

 

Repères

  • Dans l’archipel des Saintes, Terre-de-Haut, l’une des deux îles habitées avec Terre-de-Bas, est desservie plusieurs fois par fois au départ du port de Trois-Rivières par trois compagnies dont la principale est CTM Deher. Le trajet dure une vingtaine de minutes.
  • Certains jours, il est également possible de s’y rendre au départ de Pointe-à-Pitre (L’Express des îles) ainsi que de Saint-Louis de Marie-Galante (Comatrîles).
  • Terre-de-Haut possède quelques petits hôtels ainsi que de nombreux gîtes touristiques, maisons d’hôtes et bungalows.
  • Les autos sont rares sur l’île. La visite se fait à pied, à vélo, à scooter ou en petits véhicules électriques, ou encore en minibus.
  • Air Transat, durant la saison hivernale, ainsi que Air Canada desservent la Guadeloupe au départ de Montréal.