/entertainment/movies
Navigation

Xavier Dolan se raconte au Rendez-vous du cinéma québécois

Le jeune réalisateur lève le voile sur sa carrière et ses sources d’inspiration

Coup d'oeil sur cet article

Xavier Dolan s'est confié sur sa carrière précoce lors d’une leçon de cinéma qui s'est tenue hier dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois. Devant une salle bondée, le jeune réalisateur est revenu sur ses inspirations, son enfance et, bien sûr, a parlé de cinéma... populaire.

«J’ai commencé à faire du cinéma à l’âge de quatre ans, a lancé le cinéaste de 25 ans à la journaliste Marie-Louise Arsenault qui animait la soirée. J’ai tout de suite su que j’aimais ça. C’est à ce moment-là que j’ai pris la piqûre.»

Le réalisateur a raconté qu’à cet âge, il était entouré de beaucoup d’adultes, ce qui lui a probablement donné une certaine maturité. «Cela m’a poussé à grandir très vite, a-t-il dit. Quand je retrouvais les enfants de mon âge, je leur paraissais un peu étrange et décalé.»

Même si l’enfant Dolan visite alors les plateaux de tournage, le cinéma n’a jamais vraiment été sa tasse de thé. «Je ne suis pas un cinéphile, a-t-il mentionné sans frémir. Je ne suis pas un amoureux du septième art. Quand j’étais petit, j’allais voir avec mon père des grosses productions américaines comme Titanic, Batman, Jumanji...»

Le déclic

D’ailleurs, Titanic a été un véritable déclic pour Xavier Dolan. Outre la touchante lettre qu'il a écrite à huit ans à l’acteur Leonardo DiCaprio, le réalisateur québécois a vécu une expérience inoubliable à travers l’œuvre de James Cameron. «C’est mon souvenir de cinéma le plus lointain», a-t-il dit.

Puis, Xavier Dolan a abordé son premier film, J’ai tué ma mère, qu’il a réalisé à seulement 17 ans. En racontant la relation conflictuelle entre une mère et son adolescent, le cinéaste s'est inspiré de sa propre vie.

«Je n’ai jamais eu la prétention de parler de choses que je ne connais pas, a-t-il déclaré. Je puise dans mes propres expériences pour faire mes films, car je sais que je ne peux pas me tromper.»

D’ailleurs, tous ses autres films sont basés sur son vécu. Le thème récurrent de ses œuvres demeure l’amour impossible. Lawrence Anyways, Tom à la ferme, Les Amours imaginaires ou bien Mommy parlent tous de l’amour impossible», a-t-il expliqué.

Dolan a ajouté que sa fascination sur la relation entre les marginaux en opposition aux gens «normaux» risque de marquer sa cinématographie pour un long moment. «Les gens différents font peur aux gens qui se disent dans la norme, a ajouté le cinéaste. Je veux creuser davantage cette idée.»

Lors de sa classe de maître, agrémentée de plusieurs extraits issus de ses longs métrages, Dolan a également parlé de ses actrices fétiches comme Anne Dorval et Suzanne Clément. «Elles ont ce que j’admire le plus, de la créativité et de la personnalité, a-t-il souligné. Elles font partie de ces comédiennes qui pensent à tous les détails. Elles possèdent ce qui est le plus important selon moi, de l’imaginaire.»

Les questions du public ont été l’occasion pour Dolan d’aborder des sujets liés à sa sexualité ou à son succès. Plus à l’aise qu’au début, le cinéaste a raconté quelques anecdotes savoureuses devant un public. Par exemple, il n’a pas eu honte de dire tout son amour de Céline Dion dont il utilise la chanson On ne change pas dans une scène de Mommy.