/opinion/blogs
Navigation

La mort en direct à Los Angeles

La mort en direct à Los Angeles

Coup d'oeil sur cet article

La vidéo est virale. Tout un chacun peut l’interpréter à sa façon. Ça ne changera rien en bout de ligne. Un home est mort, un sans abri, tiré par des policiers de Los Angeles. Ils ont fait feu à 5 reprises. Ils avaient utilisé, sans succès, le Taser dans les secondes précédant l’instant fatal de l’altercation.

Ils étaient 4 portant l’uniforme à vouloir maîtriser et arrêter l’homme. La raison de l’arrestation importe peu. C’est encore une fois une question du comment, pas du quoi. Il y a maintenant deux façons de voir les choses et ce, même si les images qui défilent nous montent une version unique. C’est la critique qui en sera faite qui pourrait varier presque à l’infini.

L’œil du public

Ils sont quatre, il est seul. Il est agité et ils sont entrainés. Ils sont équipés plein leur ceinturon et il n’a rien dans les mains. Ils auraient du le contrôler, le maitriser tel qu’on l’enseigne à l’école de police. Ils n’avaient pas à l’abattre comme un chien enragé. C’est un meurtre de sang froid. Encore une fois, les forces de l’ordre ont abusé de leurs pouvoirs et ont pris pour cible un pauvre homme dont le seul crime est d’avoir résisté à son arrestation. Et une autre fois, ils vont s’en tirer.

La version policière

L’homme résiste de toutes ses forces. On tente de l’immobiliser, sans succès. Le ton monte et le contact physique est inévitable. L’homme est au sol et on tente bien que mal de le menotter. Le pistolet à impulsion électrique, le Taser, ne donne aucun résultat. L’échauffourée atteint un point culminant quand un des policiers crie quelque chose comme « He took my gun ! » il a pris mon arme ! Ils n’avaient peut être pas d’autres choix que de faire feu à ce moment là. Combien de policiers ont tiré ? On ne le sait pas non plus.

Et la vérité ?

Elle est un peu dans les deux versions. Oui ils étaient quatre et il était seul. Ils n’ont pas réussi à l’immobiliser et l’impensable est arrivé. L’homme aurait réussi à s’emparer de l’arme de service d’un des policiers. Toutes les formations et l’entrainement du monde ne peuvent toujours prévenir cette possibilité. La vie n’est pas une pratique où on peut arrêter la séquence des événements. Il n’y a pas de moniteur sur place pour expliquer l’erreur commise en laissant quelqu’un d’autre prendre votre arme, rejouer le tout et arrêter le suspect sans coups de feu.

L’enquête et les questions

Il y aura une enquête du même genre que celles que l’on voit chez nous, une enquête indépendante. Parmi les questions soulevées il y aura certainement le nombre de coups de feu. Et aussi combien de policiers ont fait feu. Est-ce que la technique du « double tap », soit le fait de tirer rapidement 2 balles et observer si la menace a été neutralisée a été utilisée ? C’est ce qu’on m’a enseigné lors des pratiques et séances de tir quand j’étais policier.

Une chose est sûre. Cet événement survenu chez nos voisins du sud ne fera rien de bon pour calmer les tensions entre les policiers et le public. L’action se déroule rapidement et les jugements le sont tout autant.

Et vous ? Vous auriez fait quoi dans cette situation ? Revêtez l’uniforme un instant et tentez de faire en sorte que l’homme que vous arrêtez ne prenne votre arme. N’oubliez pas ! Vous êtes entraîné et trois de vos collègues sont avec vous !

Alors, vous faites quoi ? Vous tirez où non ? En plus, vous êtes filmé ! Des centaines, que dis-je, des milliers de personne prendront tout leur temps pour vous donner la réponse...