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Salaire des élus: Couillard promet des hausses à coût nul

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Photo Le Journal de Québec

Philippe Couillard soutient que les augmentations de salaires que son gouvernement prépare pour les députés seront à coût nul pour les contribuables.

Aux syndicats représentant les employés de l'État qui crient au scandale, le premier ministre répond qu'il est disposé à les rencontrer. «Si on fait un comparatif, ça serait bien parce que le rapport L'Heureux-Dubé est à coût nul. Si les syndicats veulent parler de solutions à coût nul, je vais être content de les rencontrer», a déclaré M. Couillard, qui se trouve en mission à Paris.

Selon la Ligue des contribuables, les augmentations de salaires recommandées dans le rapport L'Heureux-Dubé ne seront pas à coût nul. Reprenant un extrait du rapport remis par l'ex-juge, la Ligue signale que «les changements aux indemnités combinés à la révision du régime de retraite feraient en sorte que la rémunération globale de l'ensemble des députés augmenterait de 11,3 %, soit 2,3 millions de dollars annuellement».

Recettes fiscales

Le gouvernement reprend à son compte le calcul contenu dans le rapport à l'effet que les recettes fiscales de 1,5 million par année induites par les hausses de salaires, de même que les économies générées par l'abolition des primes de transition aux députés et les modifications apportées au régime de retraite ramèneront à environ 4 % l'augmentation de la rémunération des élus. Le cabinet du ministre Jean-Marc Fournier a fait savoir que «le gouvernement prend l'engagement de faire l'opération à coût nul».

La Ligue des contribuables ne partage pas le raisonnement du rapport L'Heureux-Dubé. «C'est de l'argent qui sort de nos poches. Si on suivait le raisonnement, pourquoi ne pas augmenter les salaires de tous les fonctionnaires de 11,3 % demain matin [...] Le coût nul de la réforme L'Heureux-Dubé ne tient pas la route», écrit la directrice de la Ligue des contribuables, Claire Joly.

Le premier ministre Couillard persiste et signe. À son avis, le seul moyen d'abolir la prime de transition des députés qui quittent leur siège entre deux élections, c'est d'appliquer le rapport L'Heureux-Dubé qui recommande des augmentations de salaires aux députés. «Les députés ne peuvent être juges et parties sur leurs conditions d'emploi. Le seul document sur lequel on a une légitimité pour travailler c'est un document indépendant, le rapport L'Heureux-Dubé», a plaidé le premier ministre.

«Je suis content de savoir qu'il y a des signaux, notamment du Parti québécois, qui montrent un désir de travailler avec nous sur cette question. C'est uniquement si on le fait de cette façon qu'on pourra changer les choses. Sinon, chaque fois qu'il y aura le départ d'un député entre les élections, la même question va se poser et on n'aura pas de solution», a martelé M. Couillard.

Pour sa part, le chef de la CAQ François Legault recommande de laisser au prochain gouvernement le soin d'augmenter les salaires des élus. Les sacrifices demandés aux contribuables et aux employés de l'État devraient empêcher le gouvernement de procéder, estime-t-il. «Il faut être cohérent», a dit M. Legault.