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Le VG cible le mauvais climat dans les casernes

Quebec
Photo les archives, Stevens LeBlanc Le vérificateur général (VG) de la Ville de Québec, François Gagnon

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Relations de travail houleuses, communication déficiente, encadrement inadéquat et relève non assurée. Ce sont là les principaux constats du Vérificateur général (VG) de la Ville de Québec, qui a décrit le quotidien du Service de protection contre l’incendie (SPCIQ).

Dans le tome 1 de son rapport annuel 2014 dévoilé mardi, le VG François Gagnon affirme que «plusieurs facteurs contribuent à susciter peu de mobilisation» au SPICQ. Par exemple, lors du dernier concours des chefs aux opérations, une seule candidature interne sur un potentiel d’environ 100 officiers syndiqués a été déposée. «Les litiges en cours ont contribué à augmenter la méfiance envers la haute direction», constate le VG. La situation est d’autant plus inquiétante que 56 % des cadres aux opérations prendront leur retraite d’ici six ans.

Le VG s’est attardé sur la période comprise entre 2012 et octobre 2014. La vérification ne touche pas la gestion de l’actuel chef des pompiers, Christian Paradis, en poste depuis l’automne dernier. Même s’il ne le nomme à aucun moment, le VG cible la période durant laquelle Richard Poitras était aux commandes du SPCIQ.

Relations difficiles

Les relations de travail au SPICQ ont souvent été houleuses. La dernière convention collective a dû être imposée par un arbitre en octobre 2014. Elle ne touche que la période 2007-2009. Les pompiers sont sans convention collective depuis le 31 décembre 2009. Au cours des derniers mois, la nouvelle direction et l’Association des pompiers professionnels de Québec (APPQ) ont multiplié les déclarations apaisantes. Le VG a dit avoir «évité de trancher» quant à savoir si les problèmes au sein du SPICQ étaient causés par la direction ou par les syndiqués.

La sécurité en jeu?

Dans le rapport, on lit que «le style de communication de la haute direction a nui à la mobilisation». Les cadres «consacrent une part non négligeable de leur temps à réaliser des tâches qui pourraient être effectuées par une autre catégorie de personnel, analyse le VG. Ceci peut engendrer des risques en termes de santé et de sécurité au travail.» On a donné l’exemple de cadres obligés de se promener de caserne en caserne pour aller «chercher les feuilles de temps». Bon an, mal an, les cadres assurent une présence supérieure de 40 % à leur charge normale de travail. Cette situation a-t-elle mis en péril la sécurité des citoyens lors des interventions des pompiers? «On n’a fait aucun constat dans ce sens-là. C’est un risque théorique», a répondu M. Gagnon.

Jonatan Julien, vice-président du comité exécutif, a dit que le rapport constituera «un outil de travail» pour apporter des correctifs. Le chef du SPICQ n’a pas rappelé Le Journal, tandis que l’APPQ réagira mercredi matin.

Autres données du rapport du VG
 

  • Un audit sur les dépenses engagées au futur amphithéâtre entre le 1er mai et le 30 novembre 2014 a été effectué.
  • Ces investissements étaient de 97 millions de dollars.
  • Le VG a attesté de la conformité des dépenses.

 


De possibles conflits d’intérêts mis en lumière

Mettant la lumière sur une vingtaine de contrats douteux, le Vérificateur général (VG) regrette qu’il y ait «peu de mécanismes pour identifier les situations de conflits d’intérêts» à la Ville de Québec.

François Gagnon a ainsi relevé de possibles irrégularités dans l’octroi – sans appel d’offres - de contrats de moins de 25 000 dollars. 

En croisant les adresses personnelles des employés avec celles des fournisseurs de la Ville, il a ainsi découvert que 19 employés (permanents et temporaires) ont obtenu au moins un contrat avec la Ville en 2011, 2012 ou 2013. Les totaux pour ces trois années vont jusqu’à 56 000$. Il s’agit d’une situation illégale, a expliqué le VG dont le rôle n’est cependant pas de porter des accusations.

«Tu ne peux pas avoir de contrat si tu es sur le payroll de la Ville», a-t-il résumé.

Pis encore, François Gagnon a relevé trois cas qui «soulèvent des questionnements de conflit d’intérêts potentiel». C’est que «les contrats ont été octroyés par des collègues de travail de l’employé résidant sous le même toit que le fournisseur», dit-il.

Dans un dernier cas, plusieurs contrats de moins de 1000$ chacun ont été attribués par un employé à un fournisseur résidant à la même adresse que lui. Il est fort possible qu’il s’agissait de conjoints, a suggéré le VG.

Ce dernier a affirmé que les contrats qui semblaient problématiques concernaient divers services de la Ville. Il ne les a cependant pas nommés.

Jonatan Julien, vice-président du comité exécutif, a réagi en soutenant que des «vérifications» étaient déjà en cours pour comprendre les tenants et aboutissants de chacune des situations pointées par le VG. Des mesures disciplinaires ne sont pas exclues si jamais l’intention de fraude est prouvée.
 

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