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Loi C-51: le PQ craint une «chasse aux sorcières»

Alexandre Cloutier
Photo d'archives Au cœur du problème, selon le député et porte-parole péquiste en matière de Justice, Alexandre Cloutier: la définition qui est donnée à «la menace du Canada» dans le projet de loi C-51 que les élus fédéraux s’apprêtent à étudier à la Chambre des communes.

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Les souverainistes, au même titre que les Autochtones, les environnementalistes et les étudiants risquent de faire l’objet d’une véritable «chasse aux sorcières» si le gouvernement Harper va de l’avant avec sa loi antiterroriste, craint le Parti québécois.

Au cœur du problème, selon le député et porte-parole péquiste en matière de Justice, Alexandre Cloutier: la définition qui est donnée à «la menace du Canada» dans le projet de loi C-51 que les élus fédéraux s’apprêtent à étudier à la Chambre des communes.

«La menace, elle est tellement large qu’elle inclut, par exemple, un groupe autochtone qui déciderait de revendiquer un parc», a observé le député péquiste de Lac-Saint-Jean.

De la même façon, «des environnementalistes qui font valoir leur point de vue en opposition au projet de TransCanada», «les étudiants qui ont participé à des manifestations à Montréal» ou encore ceux qui ont pris part au mouvement Occupy «se retrouveront fichés par les services secrets», croit M. Cloutier.

Le député péquiste s’inquiète aussi de la notion «d’intégrité du territoire du Canada» inscrite dans le projet de loi C-51.

Les terroristes, pas les adversaires politiques

À quelques mois des prochaines élections fédérales, le Parti québécois se demande si les conservateurs ne sont pas en train d’essayer de passer en vitesse un projet de loi qui donnera à leur gouvernement des moyens de lutter contre ses adversaires politiques.

«Je rappelle que la loi s’appelle la loi antiterrorisme, a souligné M. Cloutier. Alors c’est important de viser les terroristes et non pas d’ouvrir les mailles d’un filet immense pour prendre toutes sortes de monde qui en bout de course, n’ont rien à voir avec des activités illicites.»

L’opposition officielle demande au gouvernement du Québec, en particulier à la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, de protéger la Charte québécoise des droits et libertés, dont plusieurs dispositions sont menacées par la loi C-51, selon le PQ.

«C’est certain que nous suivons avec intérêt les travaux qui ont cours actuellement à Ottawa, s’est limité à dire la ministre Vallée lorsque questionné à ce sujet au Salon bleu, la semaine dernière.

Nous avons toujours travaillé dans le souci de la protection des droits et libertés.»

Harper déterminé

De passage en banlieue de Toronto, mercredi, le premier ministre Stephen Harper s’est montré peu ouvert à amender le projet de loi, dont l’étude en comité parlementaire débutera la semaine prochaine.

«Évidemment, on va écouter, mais le gouvernement a fait beaucoup de délibérations sur le contenu de ce projet de loi et nous sommes tout à fait déterminés à l’adopter», a-t-il déclaré.

Face aux craintes que suscite C-51, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Steven Blaney, a pour sa part assuré que «les activités pacifiques de protestation ne sont pas incluses» dans le projet de loi.

-Avec la collaboration de Dominique La Haye