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Après le choc, l’acceptation

Karl W. Ouimette apprivoise sa nouvelle vie avec les Red Bulls

Karl Ouimette
Photo d'archives Karl Ouimette

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Ce vendredi-là, la terre a tremblé d’un coup. Karl W. Ouimette se préparait à participer au match intraéquipe de l’Impact prévu au Stade olympique. C’est plutôt une réunion avec le personnel technique du club – Frank Klopas et Adam Braz en tête – qui l’attendait.

«Ç’a été très émotif. J’ai passé trois ans avec l’équipe. J’étais à l’Académie avant, j’avais le club à cœur. C’est dur de se faire dire comme ça: c’est fini», explique le défenseur de 22 ans de sa chambre d’hôtel au New Jersey.

À ce moment, Ouimette est entré dans les dédales administratifs de la MLS. Il est soumis au ballottage, procédure qui permet aux 19 autres équipes de le repêcher... si elles le veulent bien.

Pendant une semaine, son agent multiplie les contacts à travers la ligue pour s’enquérir de l’intérêt ­envers l’international canadien.

«Ç’a été une semaine éprouvante, se rappelle Ouimette. Tu remets un peu tout en question. Comme j’ai de bons résultats académiques, je me suis demandé si ce n’était pas mieux d’arrêter de jouer.»

Opportunité américaine

Au final, c’est un ancien de l’Impact qui lui ouvre la porte. «Jesse (Marsch) me connaissait. Il savait quel genre de personne je suis et quel genre de joueur aussi.»

Direction Floride pour Ouimette, qui obtient un essai avec les Red Bulls de New York.

Mais le plus gros du travail reste à faire. Parce que les «Taureaux rouges» sont en plein chambardement d’effectifs, Ouimette doit prouver qu’il a sa place dans la rotation défensive du club.

Avec de vieux routiers du circuit Garber comme Jhon Kennedy ­Hurtado, aussi à l’essai, la partie est loin d’être gagnée d’avance.

De plus, pour garder le jeune Québécois, les Red Bulls doivent utiliser une précieuse place d’étranger de leur effectif, incongruité de la convention de travail de la MLS bien injuste pour les Canadiens.

«Ça a rendu la chose plus difficile, c’est certain», confirme Ouimette à propos du fait qu’un international canadien n’est toujours pas considéré comme un talent «local» dans un circuit qui compte sur des franchises à Montréal, Toronto et Vancouver.

Entente scellée

Malgré tout, Ouimette parvient à apposer sa griffe sur un contrat MLS mercredi presque un mois jour pour jour après son renvoi de l’Impact. Un revirement de situation extravagant pour un joueur dont le destin a été fait d’inattendus au cours des ­dernières années.

Passage remarqué en équipe nationale, «barouetté» de gauche à droite de la défense par ses entraîneurs et décès de sa sœur emportée après une dure bataille contre la leucémie, tel a été le début de carrière de ce ­défenseur central de profession.

«Jouer à gauche et à droite aura finalement été bénéfique pour moi. Je vois mieux le jeu, j’anticipe plus rapidement, insiste Ouimette. Défensivement, je suis sensiblement le même joueur, mais je peux apporter beaucoup plus de choses en attaque.»

C’est avec ses nouveaux coéquipiers des Red Bulls qu’il a suivi les quarts de finale de l’Impact en Ligue des champions.

«Le match aller contre Pachuca, je l’ai regardé à l’hôtel à Orlando avec une vingtaine de joueurs. Jesse et ­Felipe y étaient aussi. Le retour, je l’ai vécu dans ma chambre d’hôtel au New Jersey.»

Équipe jeune

Pour le néo-New-Yorkais, les prochains jours seront faits de considérations administratives.

«Je dois régler mes affaires aux HEC à Montréal. J’étais inscrit à plusieurs cours et comme nous sommes en milieu de session, je n’aurai d’autre choix que de les abandonner.»

Mais le choix en vaut la chandelle pour le premier joueur issu de l’Académie de l’Impact à signer avec l’équipe première du bleu-blanc-noir.

«Les Red Bulls, c’est une équipe jeune. Je crois qu’il y a une dizaine de joueurs qui sont tout près de

22 ans. En plus, il y a quelques francophones qui pourront m’aider à progresser, dont Ronald Zubar, un ancien joueur de l’Olympique de ­Marseille.»

Contrairement à ce qu’il aurait pu croire, la route professionnelle ne s’arrêtera pas cette année pour Ouimette. Et au rythme où les choses se passent pour lui, la suite du récit pourrait s’avérer encore plus ­excitante.