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Le ministre Hamad interpellé sur les coupes à l’aide sociale

Sam Hamad.
Photo Archives Sam Hamad.

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QUÉBEC – Les changements apportés aux différents programmes d'aide sociale continuent de soulever l’indignation des groupes de défense des plus démunis.

Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) a interpellé le nouveau ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, jeudi, afin qu’il renonce aux coupes de 15 millions $ annoncées par son prédécesseur, François Blais.

«Encore une fois, on s’attaque aux plus pauvres de notre société pour réduire le déficit de l’État alors que d’autres solutions existent», a déploré la porte-parole du FCPASQ, Roxane Blanchet, lors d’une conférence de presse auquel ont également participé des représentants du Parti québécois, de Québec solidaire et du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Au lieu d’aller chercher des «pinottes» dans les poches des personnes qui peinent déjà à couvrir leurs besoins essentiels, le gouvernement devrait envisager d’autres avenues, a plaidé Mme Blanchet, comme l'augmentation du taux provincial d’imposition des grandes entreprises de 11,9 % à 15 %, une mesure qui permettrait de récupérer 1,2 milliard $.

Resserrement des critères

Avant de succéder à Yves Bolduc à la tête de ministère de l’Éducation, François Blais avait annoncé un resserrement des règles d'accès aux prestations d'aide sociale.

Dorénavant, une personne qui bénéficie de l’aide financière de dernier recours ne pourra s’absenter du Québec pendant plus de 15 jours au cours du même mois. De plus, la valeur nette d'une résidence sera prise en compte dans l'évaluation de l'admissibilité d'une personne à l'aide sociale.

«Le but n'est pas de faire la course aux fraudeurs, mais de corriger certaines incohérences, avait expliqué le ministre Blais au moment d’annoncer le resserrement des critères. L'aide sociale étant une aide de dernier recours, il est important que celle-ci puisse bénéficier aux personnes qui en ont réellement besoin.»

Le gouvernement estime pouvoir récupérer entre 11 et 15 millions $ grâce à ces mesures.

Mettre fin aux préjugés

Les députés Harold Lebel, du Parti québécois, et Manon Massé, de Québec solidaire, ont accusé le gouvernement de renforcer les préjugés en attirant l'attention sur ce qu'ils considèrent être des cas d'exception.

«Ce qu’on voit dans la réforme de règlement, c’est des préjugés gros comme un piano, a dénoncé Harold Lebel. C’est facile de dire au public : “regarde, on va couper ceux qui ont des grosses maisons, on va couper pour ceux qui font des voyages”. Comme si les gens à l’aide sociale faisaient des voyages dans le Sud régulièrement.»

«On ne fait pas juste entretenir des préjugés, on pointe du doigt des gens en disant : “eux autres sont pas corrects, eux autres nous font vivre un déficit, eux autres font en sorte qu’on n’a plus les moyens de se payer un système de santé”, s'est indignée Manon Massé. Il faut que ça s’arrête.»

Le porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Serge Petitclerc, a pour sa part accusé le gouvernement de chercher à niveler vers le bas les conditions des personnes assistées sociales au nom d’une prétendue équité.

«Le gouvernement parle d’une nécessaire équité entre personnes assistées sociales. Bien dans ce cas-là, pourquoi on n’abolit pas les catégories à l’aide sociale? Pourquoi on ne met pas fin à des divisions totalement arbitraires qui reposent souvent sur un rapport médical pour reconnaître à tout le monde le droit à un revenu décent, à un niveau de vie suffisant», a-t-il demandé.

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