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Cœur, tête et talent

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Un combat de boxe se gagne par le cœur, la tête et le talent. Il ne se remporte pas uniquement par le bon vouloir. Généralement, on ne compte pas ce type de rêveur parmi l’élite mondiale qui est entourée par une garde éveillée et compétente.

Entre le Russe Sergey Kovalev et le Québécois Jean Pascal, il s’en trouve un qui évalue plus justement ses possibilités de gagner. L’autre estime qu’il aura besoin d’un peu plus que ces trois critères incontournables.

Majoritairement, l’étape du cœur est franchie par la fougue affichée à l’entraînement, l’éthique de travail et ensuite les efforts déployées pour surpasser son rival dans les moments les plus corsés de l’affrontement.

L’étape de la tête débutait, lundi, dans les derniers jours précédant la bagarre. L’un voudra jouer dans celle de l’autre. Habituellement, Pascal excelle dans les charges verbales déstabilisantes pour l’opposition.

Il en a fait la démonstration lors de ses combats contre Bernard Hopkins, mais il n’a pas joué le même tour à des adversaires dont la barrière des langues constitue un obstacle. Il en ira ainsi contre Kovalev qui maîtrise néanmoins l’anglais mieux que d’autres de ses compatriotes.

Ça lui prendra toutefois l’aide de traducteurs pour saisir le sens des paroles de son rival d’origine haïtienne. De quoi meubler les soirées d’attente.

Un atout en moins

Pascal perd un de ces atouts. Il lui en reste deux avec le cœur et le talent. Kovalev n’est pas aveugle. Pascal n’a rien d’un athlète rachitique. Probablement même l’un des plus sculptés musculairement dans la catégorie des mi-lourds. Les qualités athlétiques de Pascal dérouteront Kovalev.

Il cogne avec puissance. Sa polyvalence lui permet de bien répartir ses attaques avec la gauche et la droite. À chacun de ses combats, on souligne à quel point il se montre imprévisible et comment il aime terminer en force chacun des rounds. Il ouvre la machine alors qu’on le croit à la limite de ses ressources. Il réussit même des choses qu’un boxeur normal ne parvient pas à exécuter dans la fournaise de l’arène.

Voilà pourquoi l’ex-champion mondial Roy Jones, co-entraîneur de Pascal, ne comprend pas pourquoi les analystes favorisent Kovalev à 5 contre 1 pour vaincre Pascal.

Deux visions

De son côté, Pascal sait compter. Trois ceintures mondiales ne sont jamais remises dans une boîte à cadeau. Kovalev mérite le titre de meilleur mi-lourd actuellement sur la planète. La foule du Centre Bell ne l’intimidera pas.

Le cœur du Russe bat aussi fort et courageusement que celui du Québécois. Son entraînement n’a rien eu à envier à celui de son rival à la peau d’ébène.

Même si le Krusher adore assommer ses adversaires, il s’est préparé pour un duel de douze assauts, une marque de respect.

Ses entraîneurs lui ont fait comprendre que les combats de Pascal ne se ressemblent pas tous. Les surprises existent, un signe d’intelligence et la caractéristique d’un bon stratège. Cette expertise de l’ennemi aidera Kovy à bien réagir quand les choses ne fonctionneront pas à son rythme entre les câbles.

Prédictions

Si le combat atteint la limite, Pascal triomphera (29-2-1, 17 knockouts). Sinon, un 24e K.-O., en moins de huit ronds cette fois-ci, garnira la fiche de Kovalev (26-0-1, 23 knock-outs).