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Un fraudeur professionnel demeure détenu

Denis Drolet a escroqué des prisonniers et agressé deux victimes

Denis Drolet a réglé la dette de tabac d’un détenu pendant sa libération d’office.
Photo d'archives Denis Drolet a réglé la dette de tabac d’un détenu pendant sa libération d’office.

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Un fraudeur professionnel demeurera derrière les barreaux après avoir berné ses codétenus, simulé la mort de son père et fait passer son conjoint pour son fils.

Depuis des années, Denis Drolet – qui n’a rien d’un humoriste – multiplie les victimes. C’est après s’être fait passer pour un médecin afin de commettre des agressions sexuelles qu’il a pris le chemin du pénitencier, en 2010.

Il y a un an, il était libéré d’office, arrivé aux deux tiers de sa peine. Soulignant qu’il n’avait pas évolué et qu’il ne manifestait aucun remords pour ses crimes, la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) lui avait imposé des conditions sévères.

Fraudeur un jour...

Ce n’est toutefois pas quelques règles qui allaient arrêter Drolet, qui n’a pas tardé à retomber dans le mensonge une fois libéré.

Bien vite, Drolet a fait croire à des détenus avec qui il échangeait des appels téléphoniques que son père était décédé et qu’il allait toucher un héritage.

Il a servi la même salade à son conjoint, Tom (nom fictif), qu’il présentait comme son fils aux autres détenus.

Lorsque Tom a appris par un agent des libérations conditionnelles que toute cette histoire était un tissu de mensonges, il a été «ébranlé». «Il (Tom) a conclu qu’il s’était lui aussi fait berner, car il vous avait fait un chèque de 1500 $ à votre demande», lit-on dans un rapport qui date de septembre dernier.

En découvrant le stratagème, Tom a aussi compris que son propre père ne reverrait jamais les 70 000 $ que Drolet lui avait soutirés.

De retour en prison

La libération d’office de Drolet a par la suite été révoquée et il a repris le chemin du pénitencier. «Vous n’avez plus aucune crédibilité. Vous utilisez le mensonge et la manipulation et ne montrez vraisemblablement aucun intérêt à modifier vos comportements», soulignent les commissaires.

Depuis, Drolet a porté cette décision en appel, qui vient tout juste d’être rejeté. Âgé de 59 ans, il purge une peine de quatre ans et neuf mois depuis décembre 2010.

À cette époque, il avait fait croire à plusieurs personnes qu’il était médecin. Il a notamment effectué des prélèvements dans l’urètre d’un patient, ce qui constitue, au sens de la loi, une agression sexuelle armée... d’un coton-tige. Il avait également procédé à des injections quotidiennes sur les fesses d’un autre patient.

Au moment de prononcer la sentence, le juge Christian Boulet avait associé ces événements à une «forme de sadisme».

Drolet a été inscrit au Registre des délinquants sexuels pour une période de 20 ans.

Son parcours de criminel

  •  De mai 2005 à mars 2006, il a volé pour 19 000 $ à des proches et à des institutions financières.
  •  En avril 2006, il a dépouillé son oncle d’une somme de 3500 $.
  •  En juin et juillet 2007, il a fait des faux chèques aux propriétaires des maisons qu’il occupait. Ils ont dû obtenir un avis d’expulsion de la Régie du logement.
  •  En juin 2007, il a proposé à son conjoint et à un associé d’ouvrir une pourvoirie. Il a détourné 22 000 $ à son profit, mais les pertes ont finalement été limitées à 5000 $.
  •  Au moment de son arrestation, il a donné son vrai nom à la police, mais tous les autres renseignements étaient faux.
  •  En 2010, il a escroqué d’autres victimes, leur faisant croire qu’il voulait ouvrir un lave-auto, mais il a utilisé les sommes à des fins personnelles.
  •  Il a été arrêté en décembre 2010 parce qu’il se faisait passer pour un médecin, ce qui lui a permis d’agresser sexuellement deux victimes.