/entertainment/events
Navigation

Exposer le corps et les mouvements

L’exposition Corps rebelles bat son plein au Musée de la civilisation

L’exposition Corps rebelles est présentée en six sections: corps urbains, atypiques, naturels, virtuoses, multi et politiques.
Photo Le Journal de Québec, Stevens LeBlanc L’exposition Corps rebelles est présentée en six sections: corps urbains, atypiques, naturels, virtuoses, multi et politiques.

Coup d'oeil sur cet article

Exposer la danse est un grand défi qu’a relevé le Musée de la civilisation, avec sa première exposition exclusivement consacrée à ce sujet immatériel. À la limite de l’installation et de l’œuvre, Corps rebelles expose les mouvements et le corps, et non pas les objets, dans une muséographie hors du commun.

Située dans une salle complètement rénovée à la suite de l’incendie, Corps rebelles, qui fait appel à la technologie, présente la danse contemporaine sous forme de nombreuses projections, de résidence in situ et de quelques textes et de photos qui ont marqué l’évolution de cet art encore méconnu du grand public.

Les projections mettent en scène des chorégraphes québécois reconnus, tels Marie Chouinard, Margie Gillis, Victor Quijada, France Geoffroy, Daniel Léveillé et Louise Lecavalier, qui performent et expriment leur rapport à la danse. Une centaine de personnes ont travaillé de près ou de loin à cette exposition.

«C’est un sujet difficile pour un musée, a souligné le directeur général Michel Côté. Nous sommes habitués de travailler avec des objets en deux ou trois dimensions. On entre dans une autre façon de faire, de raconter.»

«La danse a généré du patrimoine matériel, mais est-ce qu’exposer des chaussons, un élément de scène, un accessoire ou un costume, c’est sentir la danse et la comprendre? On voulait aller plus loin», a mentionné Coline Niess, qui a cogéré le projet.

On y invite même le spectateur à vivre la danse contemporaine pour une immersion totale, dans un studio élaboré en collaboration avec Moment Factory. Les visiteurs, guidés par une voix qui dicte les mouvements et des consignes lumineuses, y reproduisent un chef-d’œuvre de la danse contemporaine québécoise, Danser Joe, de Jean-Pierre Perreault. L’activité dure une vingtaine de minutes.

Danser Joe est une danse sans aucune musique, où les participants portent un manteau, un chapeau et des bottes.

Démocratiser la danse

Le but premier de l’exposition est de démocratiser la danse contemporaine. L’exposition s’adresse toutefois autant aux néophytes qu’aux amateurs. Mais pourquoi la danse contemporaine n’est-elle pas aussi connue du public que d’autres styles plus populaires ou classiques?

«Chaque spectacle de danse contemporaine est différent, a expliqué Harold Réhaume, conseiller au contenu de l’exposition et chorégraphe. Quand on voit un spectacle de ballet, on sait à quoi s’attendre, il n’y a pas de mauvaises surprises. Mais entrer dans un spectacle de danse contemporaine, c’est entrer dans un univers plein d’inconnu. Alors si le spectateur n’aime pas son expérience, il repart en disant qu’il n’aime pas la danse contemporaine. C’est dommage.»

Résidences de création

Dans le même studio où est présenté Danser Joe, les visiteurs pourront également voir des chorégraphes qui se succéderont au fil des semaines pour créer en direct. Harold Réhaume sera d’ailleurs le premier chorégraphe en résidence avec ses huit danseurs, pendant six jours.

«Les spectateurs peuvent entrer dans le studio, s’asseoir, et même poser des questions. Ça permet de démystifier la danse contemporaine.»

L’exposition Corps rebelles est présentée jusqu’au 14 février 2016, après quoi elle s’implantera au Musée des confluences à Lyon.