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Encore le dopage

CYCLING-FRA-PARIS-NICE
AFP

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J’aimerais écrire sur la blessure du Belge Tom Boonen, sur Paris-Nice qui se termine dimanche ou encore sur les performances du Québécois Hugo Houle, mais, malheureusement, je dois encore parler du dopage.

Avec la parution du rapport final de la Commission indépendante pour la réforme du cyclisme mandaté par l’UCI il y a un an, tout le milieu du cyclisme professionnel se trouve à nouveau plongé dans la tourmente. On parle beaucoup plus des conclusions un peu douloureuses à lire que du résultat des courses qui se déroulent actuellement.

Allons-y directement: le dopage persiste. Rien de surprenant. Le dopage serait aujourd’hui celui du microdosage et les gains en performance seraient moins importants qu’autrefois. L’amélioration de 10 à 15 % ne serait que d’environ 3 à 5 % maintenant. L’UCI a aussi manqué de gouvernance et de leadership. Enfin, Lance Armstrong a bénéficié d’un statut particulier, un traitement de faveur. À l’époque, c’était bon pour l’image et la limite était floue.

Long processus

Par où commencer sur ce sujet? Il est clair que le processus en cours est bon pour le sport. Je ne pense pas que la corruption existait au sein de l’UCI, mais le président actuel Brian Cookson, en poste depuis septembre 2013, est plus droit que son prédécesseur Pat McQuaid.

Est-il capable de changer le sport? C’est un peu cliché, mais le portrait est tracé pour la suite. Je préfère voir ces démarches de manière positive. Les changements profonds ne peuvent survenir en quelques mois. L’éducation prendra du temps. Chez les amateurs ou dans le monde des affaires, bien des gens prennent des raccourcis pour réussir.

Le cyclisme est encore pointé du doigt, mais c’est parce que des dirigeants ont décidé de s’attaquer au problème. Plusieurs autres sports professionnels populaires aux États-Unis ne le font pas.

Je suis personnellement convaincu que les coureurs propres sont plus nombreux qu’avant dans le vélo. Je crois aussi que les cyclistes dopés tentent beaucoup plus de se cacher. L’ancienne mentalité qui voulait qu’un coureur qui intègre une équipe doive absolument se doper a disparu.

Trois indicateurs devraient encourager ceux qui souhaitent une forte baisse du dopage: la vitesse moyenne au Tour de France, la façon de courir qui a changé et la présence d’athlètes comme moi qui ont pu remporter des victoires lorsque les planètes s’alignent. Auparavant, même à tout donner, on ne pouvait faire mieux qu’une 20e place.

Boonen, blessé

Sur le plan sportif, le champion Tom Boonen va rater les classiques comme le Tour des Flandres et Paris-Roubaix en raison de blessures graves à l’épaule et au coude. Dommage. Sa carrière ne semble toutefois pas menacée.

Sur Paris-Nice, les choses sérieuses commencent aujourd’hui avec une arrivée en montagne. Je pense à Richie Porte (Sky) pour la suite, mais beaucoup de coureurs pourraient surprendre. Chez Cofidis, Dominique Rollin et Nacer Bouhanni sont passés bien près de la victoire lundi au sprint.